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La science est à l'enseignement ce que la predication est à la connaissance. [feo].

Un regard sur Gamaliel: exégétique

Actes 5:34-39

Mais un pharisien du nom de Gamaliel, professeur de la loi estimé de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin et ordonna de faire sortir un instant les apôtres.

Puis il leur dit : « Israélites, faites attention à ce que vous allez faire vis-à-vis de ces hommes.

En effet, il y a quelque temps, Theudas est apparu ; il prétendait être quelqu’un et environ 400 hommes se sont ralliés à lui. Il a été tué et tous ses partisans ont été mis en déroute, il n’en est rien resté.

Après lui est apparu Judas le Galiléen, à l’époque du recensement, et il a attiré du monde à sa suite. Lui aussi est mort et tous ses partisans ont été dispersés.

Maintenant, je vous le dis, ne vous occupez plus de ces hommes et laissez-les faire. Si cette entreprise ou cette activité vient des êtres humains, elle se détruira ; en revanche, si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas la détruire. Ne courez pas le risque de combattre contre Dieu ! »

Nous sommes très souvent conduits par nos émotions et notre sens de savoir mieux faire. Il n’y a peut-être rien à cela s’il n’existait pas une sagesse pour nous guider autrement, et nous apprendre à discerner avant d’agir. Peut-être que l’on se demandera d’où vient-elle cette sagesse (Luc 1 :17, 7 :35, 21 :15 ; Ac.6 :3, 10) ; je vous dirai qu’elle n’est pas loin de vous : elle est la voix de votre conscience (Ac. 23 :1, 24 :16 ; Pro. 20 :27)[1], celle qui vient de Dieu. Ceux qui l’expérimentent reconnaissent son efficacité, et la Bible dit : « selon l’Esprit leur donnait de s’exprimer» (Ac. 2 :4b).

L’interdiction était faite aux disciples par le Conseil des Sanhedrins d’enseigner le peuple sur la doctrine du Christ (Ac. 5:28). Mais les disciples s’y opposèrent en insistant d’offrir un enseignement éclairé qui plaira à Dieu, n’en déplaise à ceux qui ne l’acceptent pas (v. 29). L’enseignement de la bonne nouvelle doit être annoncé et nous avions été témoins de la valeur de ses résultats ajoutent-ils (vv. 32-33).

La véracité de l’enseignement des apôtres n’avait pas de place pour la peur. Après s’être laissés jugés, malmenés et relâchés pour leur conviction (vv. 40-41), ils continuèrent avec passion d’enseigner la bonne nouvelle reçue dans la formation du Christ.

Gamaliel, réputé pour son excellence dans l’enseignement de la Loi (v. 34), éclaira les lanternes du Conseil des Sanhedrins en vue d’attirer leur attention sur certaines expériences quasi similaires passées qui n’ont pas abouti (vv. 35-37). Il encouragea la liberté d’expression et la patience pour attendre les résultats (v. 38). Si l’enseignement qui se donne vient de Dieu; gardez-vous leur dit-il de vous y opposer (v. 39).

Dans la complexité de cet évènement plusieurs particularités mettent en évidence les polarités suivantes : médiocres/excellence ; ignorance/enseignement ; noirceur/lumière ; insouciance/attention ; échec/résultat ; dictature/liberté ; impatience/patience ; accusation/retenue.

Il devient évident que Gamaliel opta en faveur de la sagesse pour faire jaillir la lumière, indispensable au succès ; plutôt que la médiocrité et l’ignorance qui conduisent droites vers l’échec.

Pour Leland Ryken et Tremper Longman III[2] : « Ce sont les mouvements hellénistiques, samaritaines et les croyances traditionnelles juives qui étaient à l’origine des représailles conduisant à l’exclusion, la persécution, l’emprisonnement et les martyrs  contre l’avancement de la communauté chrétienne. » Le livre des Actes montre clairement « La transversalité et l’expansion de l’enseignement d’un Jésus exalté. » (Leland, Tremper 1993).

La scène que nous présente Luc dans le Livre des Actes est la suivante :

  1. 27-28 Mise en accusation des missionnaires

Le changement dans la « continuité » est intolérable.

  1. 29-32 Réplique des apôtres

Le test de la foi

  1. 33-34 Intervention de Gamaliel

Les rétrospectifs d’un passé qui tracent le cheminement du discernement dans la voie à suivre

  1. 35-39a Discours de Gamaliel

Les leçons de la liberté d’expression

Le cheminement qui conduit au succès

5.    39b-40 La libération des apôtres

La vertu de miser sur les résultats.

Mise en accusation des missionnaires

Le changement dans la « continuité » est intolérable.

L’Oligarchie Sanhédriste était la seule autorité juive qui exerçait souverainement pendant un certain nombre de temps les pouvoirs politiques, religieux et judiciaires placés sous l’autorité du grand-prêtre. La plupart, des docteurs de la loi[3][4]étaient dirigés par deux grands courants ; l’un politique et l’autre religieux. Ils exerçaient avec véhémence les affaires criminelles et les violations de la Loi Juive dans les principales villes de la Palestine.[5]

Ayant empêchés aux apôtres d’enseigner le ministère du Christ, ils les mirent en accusation d’exercer une pratique à l’encontre de leurs croyances religieuses. Cet acte montre clairement comment était gouvernée la communauté de l’époque qui devait se soumettre seulement à la synarchie religieuse. Les erreurs et les malversations n’étaient amputables aux dirigeants qui jouissaient librement de leur impunité.

Le message que portaient les apôtres était celui du changement. Le changement est lié à la bonne nouvelle du royaume de Dieu aux pauvres (Luc 4 :43, 48), la voie à suivre (20 :21 ; Ac. 16 :17, 18 :25) pour se réconcilier avec Dieu.

Le changement fait partie de la vie pratique que nous menons. Il n’est jamais statique, mais plutôt dynamique en véhiculant une synergie constamment renouvelée, pour répondre  aux nouveaux défis de croissance et de développement.

L’environnement dans lequel vivait Jésus à cette époque était hostile à tout changement. Tout devait avoir l’approbation du Conseil, car la vie se développait autour du temple qui dictait le mode de vie de la population juive. « L’église locale, était le seul endroit où la formation pour le ministère de la parole et pour tout autre ministère avait lieu du temps des apôtres. Il n’y avait pas d’autres endroits en dehors de l’église locale. C’est là que tout se faisait, tout jugement ou exclusion qui devait être prononcé. »[6]

« Comme la plupart des habitants de la Palestine à cette époque, les nazaréens évoluaient entre la place du marché et une rue bordée d’échoppes (où les artisans fabriquaient et vendaient leur production), et les champs avec les vignobles autour du village. Le forgeron et le charpentier étaient placés côte à côte ou face à face.”[7]Luc nous renseigne aussi que Jésus faussa compagnie à ses parents et à la caravane pour aller rencontrer les docteurs de la  loi et les interroger (3 :41-50).

« La populationsouffrait de lourds impôts établis par le gouvernement d’Hérode, mais aussi par le Temple et les princes de prêtres. A cela s’ajoutait l’impôt impérial dû à César. Il n’était pas plus important que dans les autres provinces romaines mais, cumulé avec ceux du Temple, la population pouvait à peine subsister avec ce qui lui restait.”[8]

« Mais la culture intellectuelle ou le développement physique ne sont que des accessoires dans l’éducation des Hébreux ; ce qui en forme la base, le principe, c’est l’enseignement moral et religieux.

Chez toutes les nations, la direction imprimée à l’éducation dépend de l’idée qu’elles se forment de l’homme parfait. Chez les Romains, c’est le soldat vaillant, dur à la fatigue, docile à la discipline: chez les Athéniens, c’est l’homme qui réunit en lui l’heureuse harmonie de la perfection morale et de la perfection physique. Chez les Hébreux, l’homme parfait, c’est l’homme pieux, vertueux, capable d’atteindre l’idéal du peuple hébreu, tracé par Dieu lui-même en ces termes : « Soyez saints comme moi, l’Eternel, je suis saint » (Lévitique, XIX, 2). »[9]

Le premier but de l’éducation hébraïque était donc de faire des hommes craignant Dieu et observant ses commandements ; le second était de faire des citoyens. Nulle part l’éducation nationale n’était mieux réglée. J’appelle éducation nationale celle qui a pour but d’imprégner tous les enfants d’une même patrie d’un esprit commun, qui en forme un peuple distinct de tout autre par le caractère, les moeurs et le sentiment, et en fait, pour ainsi dire, une communauté à part dans la société du genre humain.[10]

Dans notre pays, l’enseignement est tout à fait contraire de faire des hommes et des femmes craignant Dieu ; et encore moins, d’observer ses commandements. L’idée que l’éducation nationale établisse des balises pour une formation adéquate et adaptée à la culture de notre société semble tout à fait inexistante et contradictoire. On comprend la diversité radicale de nos députés, de nos sénateurs, de nos politiciens, à la radio quand on les entend parler où ils ne s’entendent jamais. Toujours des réflexions et des divergences sans cesse qui ne concordent pas par manque d’homogénéité d’une éducation nourricière et protectrice de ses produits venant d’une même essence, faisant une nation forte, distincte de toute autre par le caractère de ses moeurs et de ses sentiments d’appartenance constructifs.

La faiblesse de l’éducation rappelle étrangement le comportement Sanhédriste  qui continuait de véhiculer un enseignement traditionnel qui n’était plus de mise à l’encontre de ceux qui prônent une méthode plus adéquate, plus cohérente et plus moderne à l’ère de la numérisation. Heureusement qu’il y a de nouveaux efforts entamés par des missionnaires du changement qui recommandent une orientation qui semblent concorder vers une nouvelle direction. S’ils sont fustigés pour leur conviction ou découragés par beaucoup pour rester dans le statu quo, l’erreur de les empêcher de prendre le cap vers le changement dans la continuité ne doit pas se répéter. Car pour nous tout aussi bien, si cela vient de Dieu, ils porteront des fruits (5 : 39).

Le ministère du Christ a été un ministère d’enseignement. L’enseignement est la clé de voute de toute société décidée de prendre en mains sa destinée pour la conduire à son développement et à son rayonnement. Quel qu’en soit la nature de l’enseignement, il doit être bien fait avec un sens de perfection aigu pouvant produire des résultats. Ces résultats, sont ce que nous prônons et ils doivent être exercés avec éthique dans une vision qui embrasse la compassion, la charité et les services. L’enseignement véhicule la connaissance de tête en tète et de cœur en cœur où Dieu, Auteur de toute connaissance et de toute sagesse est le Potier et nous, sommes l’argile.

Réplique des apôtres

Le test de la foi

La réplique des apôtres au Sanhedrin était indubitablement le fruit de leur connaissance exhibée en public. L’enseignement éclairé qu’ils avaient reçu du Christ leur donnait l’opportunité de se positionner par ce qui répondait à leurs attentes en vivant désormais la nouvelle vie avec une grande assurance.

Les études faites à l’Université montrent clairement qu’il y a d’autres avenues de réflexions que hier vous ne saviez pas, mais aujourd’hui vous voyez autrement en n’hésitant pas une seconde, à ne pas vous positionner. Elles sont hérissées d’argumentations qui vous rendent capables de braver l’ignorance et de défendre votre formation. Tout comme Pierre et Jean avaient fait la demande de juger s’il était juste d’accepter un enseignement désuet plutôt que de répondre favorablement à l’enseignement du Christ (Ac. 4 :19-20). Et d’un commun accord, tous les étudiants du Christ  ont affirmé d’une même voix : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. »

Deux points ont retenu notre attention, le chemin du croyant est clair : d’un coté, il doit obéir à Dieu en acceptant la souffrance ; et de l’autre il ne résiste pas à l’autorité. Les deux rentrent dans la volonté de Dieu. « L’obéissance est donc non seulement un devoir inaliénable, mais le vrai chemin de la puissance, et le moyen sûr d’échapper à tous les pièges de l’ennemi. »[11]

C’est une grande faiblesse de penser autrement, particulièrement dans notre culture de désobéissance et dans notre comportement de regimber à l’autorité établie. Tous les malheurs de cette société viennent depuis l’indépendance dans la mauvaise compréhension que Dieu n’est pas l’Auteur de tous les évènements contribuant au changement véritable. Le test de la foi ne peut pas s’exercer sans d’abord ne pas accepter la volonté du Très-Haut pour qu’ensuite nous passions le test final de l’épreuve qui est l’obéissance. L’obéissance donne de la méfiance de soi et de l’humilité en faisant la volonté de Dieu.C’est par lui que les changements opèrent et c’est par l’obéissance que l’épée de l’Esprit à double tranchant rende justice.

  • C’est par l’Esprit que nous acquerrons les connaissances et les sagesses venant du niveau supérieur de la conscience ;
  • C’est par l’esprit que nous détenons le langage de la vérité ;
  • C’est par l’Esprit que nous faisons de grandes découvertes ;
  • C’est par l’Esprit que la science évolue avec une grande rapidité ;
  • C’est par l’Esprit que nous construisons les gratte-ciels ;
  • C’est par l’Esprit que nous devenons les meilleurs mathématiciens capables de contribuer à l’équilibre et au bien être de la planète ;
  • C’est par l’Esprit que nous sommes ce que nous devenons selon la mesure de notre foi ;
  • C’est aussi par l’esprit que nous pouvons aimer, construire, développer et vivre dans l’unité pour l’émancipation de tous.

La nouvelle nature que nous avons héritée ne nous permette pas de construire selon nos pensées, nos émotions,  nos sens, notre zone de confort mais plutôt de travailler en étroite relation avec l’Esprit de Dieu pour que nous redevenions un. Jésus a dit : « Moi et le Père nous sommes un », mais moi je vous dis, vous êtes les particules de la Source. Apprenez constamment d’elle pour explorer, grandir, et accepter les souffrances et les joies comme faisant partie de nos expériences enrichissantes pour mieux comprendre et servir nos semblables. Ainsi nous deviendrons comme les apôtres, des instruments de Dieu exerçant une profession et un apostolat d’amour pour éclairer les lanternes de la communauté et des nations (Luc 2 :32a). Prends garde nous dit notre professeur, le Christ, « … que la lumière qui est en nous ne soit ténèbres » (11 :35). « Si donc tout ton corps est éclairé, n’ayant aucune partie dans les ténèbres, ll sera entièrement éclairé, comme lorsque la lampe t’éclaire dans sa lumière » (11 :36). « Personne n’allume une lampe pour la mettre dans un lieu caché ou sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, afin que ceux qui entre voient la lumière » (11 :33).

C’est par le test de la foi que les apôtres ont démontré avec sagesse leur capacité de répondre au Sanhedrin parce qu’ils avaient une déclaration abondante, celle de témoigner la vérité, d’authentifier la vérité qui sont les véhicules de la conscience. Exercer votre profession avec intégrité est l’arme nouvelle que vous possédez désormais pour répondre admirablement aux attentes de votre société en la servant avec intégrité soumis de coeur à Dieu.

Intervention de Gamaliel

Les rétrospectifs d’un passé qui tracent le cheminement du discernement dans la voie à suivre

Gamaliel, pharisien et docteur jouissant d’une intégrité remarquable dans son milieu et ailleurs, hérita de son grand-père la succession de l’école rabbinique pharisienne la plus libérale. Dans le contexte moderne, c’était une école de pensée qui focalisait les études et les réflexions autour de Dieu dans un espace intellectuel qui faisait ressortir l’essence de la théologie.

L’école de Gamaliel avait des vues larges et soutenait à l’avance des réflexions pertinentes tissées de réflexions pleines d’arguties tirées en longueur, en largeur et en profondeur. Les auditeurs en étaient pleinement conscients que l’argumentation de Gamaliel en était une pièce évidente.

D’une voix lointaine au sein du temple retentissait : « C’est Gamaliel qui a raison. » Qui es-tu ? Lui demande-t-on. « Un fils d’Israël venu accomplir ce que la Loi ordonne. » Comment t’appelles-tu ? « Jésus de Nazareth.»[12]

Voilà en quelques lignes l’homme Gamaliel qui symbolisait l’intelligentzia de son temps, se faisait doublement remarquer par Jésus dès son plus jeune âge pour l’avoir si bien compris dans la lumière de ses réflexions : la connaissance de Dieu et la connaissance des êtres humains.

Paul fait dire à Luc qu’il a été « élevé » à Jérusalem et « formé » à l’observance stricte de la Loi « aux pieds de Gamaliel » (22.3). Mais le premier terme évoque la première éducation reçue dans la famille et le deuxième correspondrait aujourd’hui au niveau secondaire et même universitaire. Gamaliel c’est l’Université des temps modernes qui préparaient à l’instar de l’Universite GOC des citoyens appelés à devenir des agents productifs dans leur société et ailleurs, ainsi que des modèles moraux appelés à canaliser le développement dans le sens du bien être collectif.

L’intervention de Gamaliel auprès du Sanhedrin a été le secours métaphorique de Dieu pour éclairer (Luc 1 :36,79 ; 2 :32 ; 11 :34) les lanternes de ceux qui vivaient avec une intelligence obscurcie et non celle qui venait de l’Esprit (4 :18, 12 :12, 24 :45). « Dieu intervient selon Sa providence habituelle pour protéger Ses fidèles serviteurs par un homme sérieux et sage dans le camp même de l’ennemi. La voix de la modération et de la sagesse, quoique seulement naturelle, prévaut sur les impulsions imprudentes de l’orgueil et de la passion, mélangés à la peur. »[13]

Vous êtes de ces hommes et femmes qui puisent maintenant dans l’Enseignement Supérieur du divin pour représenter dignement LA SOURCE. Une tache honorable vous est confiée parce que vous avez une mission. Vous avez besoin de Dieu en toute occasion pour vous inspirer par son Esprit sur la voie de la modération et de la sagesse, loin des impulsions imprudentes de l’orgueil et de la passion. Ne regardez pas ce que font les autres, mais restez toujours à l’écoute de l’Esprit avec qui vous devez maintenir une relation permanente par ce qui est droit, juste et parfait.

Si vous jetez un regard rétrospectif sur le cheminement parcouru de l’histoire de la société, vous devez constater que la plupart des échecs sont dus ou bien à l’autocratie ou bien à la désobéissance de l’autorité. Gamaliel l’a démontré en interjetant dans les lanternes des Sanhédristes cette parcelle de lumière pour leur permettre de remonter à l’histoire où ceux qui se faisaient passer pour des libérateurs ; dans notre langage moderne, des leaders politiques avisés tels : Theudas et Judas le Galiléen (Ac. 5 :36-37) qui se disaient être les hommes du moment pour « libérer le pays »,  avaient échoué avec ceux qui les suivaient. Ils s’étaient mis à soulever le peuple à chaque fois pour connaître plus tard l’échec et même la mort.  La raison était simple : Dieu n’était ni dans le cœur, ni dans la pensée de ces leaders. Au fait, il n’était nulle part sinon que mis de coté comme histoire de fable ou de fou. Ces leaders, tout comme aujourd’hui prétendent qu’ils vont changer le milieu et soumettent leur projet de société ou leurs programmes en plusieurs points. Et Festus d’ajouter : « Tu es fou, Paul ! Ton grand savoir te fait déraisonner » (26 :24). Paul lui répondit: « Je ne suis pas fou, très excellent Festus ; ce sont, au contraire, des paroles de vérité et de bon sens que je prononce » (Ac. 26 :25).

Le Rabban Gamaliel, était-il fou quand il prenait la parole pour demander au conseil d’attendre patiemment les résultats ? Non, il disait des paroles de bon sens puisées dans la sagesse venant de Dieu pour éclairer les lanternes des leaders avec discernement. Le Livre des Proverbes nous dit : « Stupides, apprenez le discernement ; insensés, apprenez l’intelligence » (8 :5). Jésus disait : « Hypocrites ! Vous savez discerner l’aspect de la terre et du ciel ; comment ne discernez-vous pas ce temps-ci ? » (Luc 12 :56). Quelle que fussent la valeur ou les motifs de son jugement, l’intervention de Gamaliel prévalut devant le sanhédrin, et sauva les apôtres d’une mort semble-t-il imminente.

Vous avez  reçu une formation vous permettant de vous exceller au delà de vos espérances, seulement si vous marchez avec Dieu et qu’Il soit votre boussole de perfection dans vos entreprises. Ne soyez ni fanatiques, ni trop religieux. Soyez vous-même tout en vous rappelant de votre appartenance au niveau de la conscience supérieure où rien ne vous échappera pour conduire à bon port votre journée. Cela ne veut pas dire que vous ne devez rien faire ; au contraire, nous devons nous adjoindre à Dieu pour que la méchanceté soit tenue en bride par nous en devenant des agents de production et de transformation du milieu.

Discours de Gamaliel

Les leçons de la liberté d’expression

Le cheminement qui conduit au succès

La liberté d’expression n’était pas une pratique courante au temps des apôtres. Puisque la vie se développait autour du Temple, la plupart des réflexions se faisaient autour de l’enseignement reçu pour consolider les croyances en Dieu et vivre si possible, pour ne pas dire uniquement, selon les dispositions de la Loi. Les saducéens et les pharisiens n’avaient de retenue que pour leur zone de confort et tout ce qui faisait l’objet de leurs préoccupations.

Christ n’a pas été épargné par les criques qu’on lui portait et les pièges qu’on lui tendait non plus pour le porter à se contredire. Ces hommes, équipés dans l’art de la manipulation, disciples des sanhédrins, nous montrent comment les tests de foi se faisaient dans la société ; soit dans la provocation pour situer l’appartenance religieuse de l’autre ; soit dans la connaissance pour consolider les acquis de l’exercice de la foi religieuse. Les gens ne vivaient que pour Dieu sauf ceux qui, naturellement, étaient préoccupés par les affaires et n’y prêtaient aucune attention, et ceux qui ne partageaient pas du tout leur foi.

Luc a bien rédigé le discours argumenté de Gamaliel dans le livre des Actes par « un exemple fort d’un obstacle surmonté, à la fois politique et religieux. »[14]D’un coté, il a décrit l’état de conscience de Gamaliel qui n’a pas hésité d’intervenir auprès des ses confrères pour faire connaître sa position ; de l’autre, ce dernier s’est surpassé dans sa croyance judaïque pour que le Conseil fasse preuve de tolérance en laissant les apôtres s’exprimer librement.

Jésus en faisait autant, en respectant les croyances de ses pères avec un bémol remarquable qui portait à la réflexion, au soulèvement et à la transformation. Un argument de taille qui consolidait le changement dans la continuité que finalement les apôtres ont entrepris de galvaniser pour contribuer à l’espoir du monde dont nous aujourd’hui, en jouissions pleinement de ses effets.

  • La libre expression n’est pas l’arrogance que l’on voit communément se pratiquer dans notre société.
  • La libre expression n’est pas l’allégeance à la duplicité, au mensonge, au vol et à la cupidité ;
  • La libre expression n’est pas l’expression des couleurs de l’ignorance qui s’exhibent dans les nuances du non sens dans un jargon qui contribuent à la cacophonie et à la confusion ;
  • La libre expression n’est pas un état de vivre dans l’indiscipline modelant le tissu urbain dans l’arbitraire et dans l’utopie ;
  • La libre expression n’est pas l’étalage de connaissances de gens à moitié instruits qui osent sans dignité influencer la conscience à pactiser dangereusement vers le cheminement de l’échec ;
  • La libre expression n’est pas le droit d’affaiblir les critères de clarté et de précision règlementés par la loi ;
  • La libre expression n’est pas la dictature populaire d’édicter des lois imprécises selon son bon vouloir qui entravent les droits humains.

Le discours de Gamaliel portait sur la liberté d’expression des apôtres d’animer leurs croyances qui venaient d’un courant religieux salvateur utile à l’épanouissement et à l’émancipation du peuple. Il était aussi persuasif, car il faisait appel à des arguments historiques relatant les faits passés démontrant son talent rhétorique sans trop se lire à l’invention.

L’arme de Gamaliel était l’argumentation. Une arme qu’il reconnut chez les apôtres qui venait de l’enseignement du Christ pour son exactitude (Ac. 18 :25).  Cette arme, chers récipiendaires, vous la possédez pour l’avoir si bien apprise et démontrée avec capacité auprès de vos enseignants qui vous ont passé la torche de la connaissance que vous pourrez sciemment vous en servir avec intelligence en choisissant Dieu comme votre boussole et votre guide quotidien pour exercer une profession éclairée au service de l’humanité. Votre langage et vos actions seront différents car ils porteront sur la décence, le service et le développement constructif.

Le nouveau cheminement vous conduira au succès si vous vous laissez diriger par votre conscience, et sur tout ce que vous aurez appris. Le test qui vous attend est de taille. Son premier essai est la corruption. Christ n’a pas été épargné et vous ne le serez pas non plus, vous qui êtes le bois sec (Lc. 23 :31). Saurez-vous vous défendre ? Nous misons sur vous et sur votre capacité de discerner pour réussir les épreuves comme les difficultés, les problèmes, les imprévus, les divergences, les altercations, les médisances et autres.

La libération des apôtres

La vertu de miser sur les résultats

Les résultats viennent des semences que nous plantons. Si nous exerçons le droit, la justice et la bonté, il devient évident que nous les récolterons parce que nous les avons plantés et entretenus dans notre mode de vie. I l y a donc un idéal sur lequel nous avons projeté nos aspirations pour atteindre nos objectifs. Les résultats doivent être patiemment attendus. Tout comme Nicodème invita le Sanhédrin à la patience pour ne pas agir en insensés, la patience devant l’impatience doit être votre arme de défense pour mener le bon combat.

Il y a seulement trois jours, j’ai du me rendre à l’évidence d’un fait qui a attiré mon attention et qui concernait l’impatience de nos étudiants en deuxième année qui ne pouvaient pas se mettre en ligne avec discipline pour que leur projet soit corrigé. Ils se poussaient les uns les autres et se collaient entre autres pour ne pas laisser de place vide à un intrus. Les hurlements se faisaient si forts que j’ai du laisser la salle de correction où j’étais avec un autre professeur pour venir constater ce qui se passait à l’extérieur.

My goodness criai-je, je n’ai jamais vu une chose pareille. Le spectacle n’était pas beau à voir devant les lignes brisées qui se déferlaient d’un mouvement sinusoïdal par gonflements d’étudiants, impossible d’avoir une ligne homogène à ce stade. D’un ton fort et ferme, je les ai demandés, est-ce là la conduite d’un universitaire ? Vous vous comportez comme les gens qui n’ont aucune lumière, aucun sens de discernement voire de discipline. Arrangez-vous et tout de suite, continuai-je. Me faisant assister par l’autre collègue professeur, il nous a pris quelques bonnes minutes pour finalement porter ces étudiants à avoir un comportement honorable que nous espérons leur servira de leçon à l’avenir pour devenir des modèles de lumière.

Et le reste du travail nous a été facile par la suite pour les bons résultats obtenus dans leur discipline et parallèlement dans leur projet de dessin.

La scène que nous a présenté Luc dans les Actes des apôtres est une pièce importante qui ne peut être mise prise à la légère dans son contenu. Si pour Jean Calvin le discours de Gamaliel était sobre, pour Théodore de Bèze, il était plutôt rationnel. Je crois qu’il est aussi évident que la fin a justifié les moyens dans le dessein de Dieu d’imprimer sa grâce des deux cotés de l’aile : (1) par le triomphe des apôtres qui ont souffert des opprobres pour le nom de Jésus ; (2) par le triomphe de la sagesse qui a modelé les coeurs impondérables à se contenir devant la puissance du divin.

Cette démonstration de puissance, doublement hérissée des enseignements des apôtres et de Gamaliel, met totalement en déroute les forces à l’opposé de la justice qui sont au départ vouées à l’échec si elles n’apprennent de l’enseignement du Christ. Et puisque vous êtes témoins de cet enseignement quel qu’en soit le domaine de votre discipline, vous êtes invités à suivre la voie des apôtres en portant votre formation au service de l’être humain pour l’aider à se relever et à prospérer.

Nous rêvons tous d’avoir un bon pays mais les résultats sont loin de nous permettre d’y parvenir. Il deviendra à vous d’exercer un apostolat de lumière par votre connaissance. Le livre de Luc a rapporté ce que Jésus a dit : « La moisson est grande, mais il y peu d’ouvriers. Priez donc le maitre de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson » (Luc 10 :2).

Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups, disait le Christ (10 :3) ; je vous ai choisis et je vous envoie du milieu de ce peuple et du milieu des païens (Ac. 26 :17). Ce n’est pas un bon arbre qui porte du mauvais fruit, ni un mauvais arbre qui porte du bon fruit (Luc. 6 :42). Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu (3 :9b).

Nous espérons qu’aujourd’hui, notre enseignement, notre témoignage, nos prières et nos actions de grâce ne seront pas vains. Qu’ils soient nos prières en votre faveur !

 

Notes et références 

[1]La conscience est la lampe que le Seigneur donne à l’homme : elle éclaire les profondeurs de son être.  Proverbes 20:27  (Bible en français courant)

L’esprit de l’homme est une lampe de l’Eternel ; il sonde toutes les profondeurs du cœur. Proverbes 20:27 (version Darby)

Le souffle de l’homme est une lampe de l’Eternel ; Il pénètre jusqu’au fond des entrailles. Proverbes 20:27 (Segond)

La conscience est une lampe que le SEIGNEUR donne aux humains pour éclairer le fond de leur cœur. Proverbes 20:27 (Parole de Vie)

[2]A Complete LITERARY GUIDE to the BIBLE (Zondervan: 1993).

[3]Fleg, E. Anthologie juive, 1956 (p.633)

[4]Epstein, I. Le Judaïsme. Traduit par L.  Jospin, 1962 (pp 84, 94).

[5]Fleg (1956).

[6]http://www.parolerestauree.com/?page=lecture_texte&id=195

22 Juin 2015.

[7]http://www.gallican.org/vecu.htm

22 Juin 2015.

[8]Ditto.

[9]http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=2968

22 Juin 2015.

[10]Ditto.

[11]http://www.bibliquest.org/WK/WK-nt05-Actes_Expose_ch01_a_08.htm#TM91

23 Juin 2015.

[12]http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2001/01-068.htm

21 Juin 2015.

[13]ditto.

[14]http://www.bible-service.net/extranet/current/pages/982.html

24 Juin 2015.