Blog

La question de croyance est tout à fait individuelle et personne ne peut prétendre le contraire.

Sans contrainte

Septième Dimanche après l’Épiphanie
Genesis 45 :3-11, 15
Psaumes 37 :1-11, 39-40
1 Corinthiens 15 :35-38, 42-50
Luc 6 :27-38

27 Mais je vous dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, 28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent. 29 Si quelqu’un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un prend ton manteau, ne l’empêche pas de prendre encore ta tunique. 30 Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas ton bien à celui qui s’en empare. 31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. 32 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment. 33 Si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi agissent de même.
34 Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi prêtent aux pécheurs, afin de recevoir la pareille. 35 Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très Haut, car il est bon pour les ingrats et pour les méchants. 36 Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. 37 Ne jugez point, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés ; absolvez, et vous serez absous. 38 Donnez, et il vous sera donné : on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde ; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis.

 

Commentaires sur le Livre de Luc 6: 27-38

Soyez heureux dit Jésus à la foule, parce que votre récompense est assurée dans le ciel. Attention aux riches pour ne pas se laisser enfler d’orgueil et s’enliser dans l’idolâtrie en oubliant le Créateur [Luc 6 : 23-26].

Apprenez à donner pour recevoir en retour et ne vous laissez pas conduire par ceux qui ne savent quel chemin prendre alors que vous avez tout reçu de mon témoignage [vv. 37-40].

Jésus, s’adressant à ceux qui l’écoutent, demande d’exercer le bien, en bénissant et en priant pour ceux qui exercent la haine devant l’intolérable. Exercez la bonté et ignorez ce que vous perdez pour ne pas être comme les pêcheurs [vv. 27-33]. N’espérez rien en retour, soyez en paix envers tous en exerçant la compassion, en ne jugeant ni en ne condamnant point, en faisant de bonnes œuvres [vv. 34-38].

Le modèle de vie de tout un chacun devrait se résumer dans les exhortations du Christ. Le problème est que l’on ignore ces préceptes et on agit à sa guise. C’est comme un chef d’orchestre qui dirige et chaque personne veut jouer sa propre partition. Finalement la musique ne se jouera pas et ce sera la débandade, le désordre, conduisant à l’incompréhension et le conflit. Tel est le choix que fait la société dans son libre arbitre, de vivre comme elle l’entend, à sa façon et selon ses prémisses.

Le choix sans Dieu

Il n’est pas difficile de comprendre que tous les maux du monde viennent par-là, où chacun voit les choses différemment sans pour autant regarder dans une seule direction. Même quand on voit les choses différemment, c’est toujours le dessein de Dieu qui s’accomplit. (En l’occurrence, les frères de Joseph ont tout fait pour le « tuer » mais Dieu avait un plan précis que Joseph décrit en ces termes ‘Ce n’est donc pas vous qui m’avez envoyé ici, mais c’est Dieu’ [Ge. 45 : 8]. Et le psalmiste disait à son tour, de ne pas envier ceux qui font le mal, mais de se confier en Dieu qui fera paraître votre justice [Ps. 37 :1, 3-6]). On peut avoir des interprétations différentes même quand on regarde dans une même direction, mais au moins on chemine vers un objectif commun, celui de la compassion et de l’amour. L’amour devient une fable pour la plupart et il n’y a que des intérêts. On aime par intérêt et quand ce dernier n’existe pas, tout le reste part en fumée et devient une utopie. C’est la nouvelle vie de tous les jours qui se déferle dans cette direction, allant de mal en pis avec une vitesse incroyable exhibée dans les chaines de télévision, à la radio, dans les journaux etc. « Se ravir en Dieu est autant un privilège qu’un devoir. »[1]

La solution à la clé de tout ceci dans le Livre de Luc, se résume dans l’amour. Jésus le dit en ces termes, de bénir, de prier, de supporter, de donner, d’être juste, de compatir, d’aimer, et de ne point juger. Il définit ainsi les termes de référence sur lesquels on devrait vivre sa vie pour être agréable à Dieu et obtenir la vie éternelle. A ce carrefour, la plupart des êtres humains ne croient pas dans cette dernière et puisent leur foi de préférence en ces termes : « un jour à vivre, profitons-en ». Il n’y a que l’intervention divine qui a le dernier mot. Quand elle ne convainc pas ou qu’on ne se laisse pas imbiber de son enseignement, la porte devient spacieuse pour faire le pire.

Le pire, est le mode de vie que beaucoup ont adopté pour vivre sa vie et construire son empire. Et la bible d’ajouter « … Dieu a fait les hommes droits ; mais ils ont cherché beaucoup de détours » [Ecc. 7 : 29b]. Évidence incontestable que les êtres humains ont fait le choix de construire leur avenir sans la présence ou l’aide de Dieu en rejetant la grâce du Christ, conduisant tôt ou tard à la catastrophe. Et quand Dieu n’y est pas, tous : sceptiques et ignorants deviennent sous la domination de leurs pensées, leur nouveau chef d’orchestre, maitre de l’arbitraire, de la division et des guerres à souscrire à son régime de liberté et de licence.

Quelle difference entre croire et ne pas croire?

Les intellectuels et les scientifiques disent qu’ils ne croient pas en Dieu, c’est une fable pour faire dormir les plus faibles. La présence du Christ est subordonnée à ces mêmes réflexions que les Juifs déclarent : le prophète et non le messie. La question de croyance est tout à fait individuelle et personne ne peut prétendre le contraire. Par contre, les gens affirment la plupart du temps des choses qu’ils ne voient pas et qui disent, existent ; en exemple, les suppositions. Par définition, une supposition est une théorie. Un raisonnement que définit la théologie dans la recherche et la compréhension de Dieu par l’acte de foi. Et puisque tous croient, quel qu’en soit la direction, la théologie la définit comme l’essence divine qui s’ajuste à sa zone de confort pour accomplir sa mission ; peu importe ce qu’elle soit. (Si nous comprenons plus loin cette lettre de Paul aux Corinthiens, il dit : ‘le corps est semé corruptible ; il ressuscite incorruptible’ [1Cor. 15 : 42]. Même s’il tombait dans la catégorie de supposition, et alors quelle différence faire en ce qu’on affirme ne pas croire et qui est aussi une supposition et celle qui est écrite ?) Peut-être qu’il faudra rechercher plus loin pour mieux comprendre et élaborer une nouvelle dimension de la perception dans les persiennes de la lumière du Christ, même dans un contexte philosophique. Nous n’ajoutons plus rien à cette intersection. Il reviendra aux sceptiques de déterminer finalement que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Du reste, dans les consignes du Christ, il étend la foi dans le respect en ne portant point de jugement mais en exerçant un apostolat de service.

« Jean, ne croyant ni en Dieu ni au diable, me disa un jour il y a quelques années qu’il respectait toujours les gens et que leurs affaires personnelles ne le concernaient jamais. Il m’affirma avec sincérité qu’il ne croyait pas aux simagrées de la foi dans aucun camp, préférait s’adonner à aider son prochain et à faire le plus de bien possible. Il me disa quelques mois avant son dernier voyage, peut-être que « Dieu » me pardonnera mon incrédulité s’il je le voyais un jour. »

A qui veut l’entendre

Cela m’avait bien peiné de le voir partir ainsi, mais c’était son choix et je le respecte. On comprend pourquoi Christ insiste pour dire de ne pas juger ni condamner quel qu’en soit la situation, mais de continuer à aimer avec compassion. « Nous avons besoin de percevoir d’abord la force de la gratuité qui anime un collectif pour frayer un chemin à la bonne nouvelle dans le cœur de chacun… »[2] C’est peut-être le message du Christ s’adressant à qui veut l’entendre sans imposer, ni forcer. « Jusqu’où pourrions-nous aller, si le Christ réapparaissait aujourd’hui, pour le forcer à s’adapter aux réalités du monde d’aujourd’hui et pour l’empêcher de troubler le fonctionnement moral, religieux, politique et économique de notre société et de nos familles ? Jusqu’où, nous, parents, éducateurs, professeurs, pourrions-nous aller vis-à-vis de nos propres enfants dans le sens de la torture pédagogique, pour faire en sorte qu’ils passent leurs examens, qu’ils aient un bon métier et qu’ils deviennent des hommes ? Jusqu’où, nous, patrons, cadres, agents de maîtrise, pourrions-nous aller pour remettre dans le droit chemin les récalcitrants. Et ce, au nom du bien de l’entreprise, de sa survie, au nom du travail bien fait et de la conscience professionnelle ? Jusqu’où, nous, conseillers presbytéraux et pasteurs, pourrions-nous aller, avec la volonté de puissance qui nous est naturelle, pour imposer notre vision de l’Église ? »[3]

 

Notes et références

[1]https://topbible.topchretien.com/psaumes.37.1/COM,LSG/24 Février 2019.

[2]http://jardinierdedieu.fr/luc-6-27-38-le-salut-n-est-pas-mon-salut-mais-notre-salut.html24 Février 2019.

[3]Houziaux Alain. La tentation de faire le bien. In: Autres Temps. Les cahiers du christianisme social. N°26, 1990. pp. 77; doi : https://doi.org/10.3406/chris.1990.1392.