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Le calme est une arme puissante de résistance et de volonté.

Que faire devant l’impuissance?

Mark 13 :1-8

Lorsque Jésus sortit du temple, un de ses disciples lui dit : Maître, regarde quelles pierres, et quelles constructions ! 2 Jésus lui répondit : Vois-tu ces grandes constructions ? Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée. 3 Il s’assit sur la montagne des oliviers, en face du temple. Et Pierre, Jacques, Jean et André lui firent en particulier cette question : 4 Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que toutes ces choses vont s’accomplir ?
6 Car plusieurs viendront sous mon nom, disant ; C’est moi. Et ils séduiront beaucoup de gens. 7 Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne soyez pas troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. 8 Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume ; il y aura des tremblements de terre en divers lieux, il y aura des famines. Ce ne sera que le commencement des douleurs.

 

Jésus instruit avec discernement les disciples sur le comportement de la veuve, détachée de ses faibles ressources, versant tout son avoir comme offrande, contrairement à ceux qui ont donné avec des gestes visibles de leur superflu [Mc. 12 : 43-44].

Les prédictions apocalyptiques
Soyez prêts poursuit-il, car vous serez ridiculisés et persécutés à cause de la prédication de l’Évangile que vous annoncerez aux gens de votre société et aux nations [13 : 9-10].

En répondant à la question que lui posa un disciple sur l’ampleur d’une construction, Jésus lui prédit la destruction de cette dernière [vv. 1-2]. Poursuivant la même question par plusieurs disciples qui voulaient savoir quand cela arriverait, Jésus leur répondit de ne pas se laisser séduire ou troubler sur les évènements malheureux et les faiblesses de tout ordre des choses qui doivent douloureusement arriver [vv. 3-8].

Les prédictions d’un évènement apocalyptique sont inévitables d’après le Livre de Marc et peuvent surgir au moment où l’on s’attend le moins. Jésus donne le réconfort que la parousie sera précédée par la panique des gens qui croiront en des fables de toutes sortes au lieu de la sérénité. « Selon le professeur de Louvain, la pensée de Jésus se place très nettement sous l’influence du livre de Daniel. Ce contact avec le courant apocalyptique se marque de façon précise dans les paraboles du grain de sénevé, de la petite semence qui devient un grand arbre (cf. Dn 2, 34-35), dans les logia de révélation (Mt 11, 25; 13, 11. 12. 16-17), dans le thème de la révélation à deux degrés, par paraboles et par explications de paraboles. »[1] Les plus forts planifient et prennent les dispositions pour faire face aux catastrophes, d’autres envisagent de laisser la planète pour vivre sur une autre, telle Mars ; beaucoup se résignent à leur sort tandis que les plus fermes espèrent le miracle de Dieu qui les enlèvera au temps « marqué par la fin ». La foi semble être différente en tout point et ne se concorde pas autour de Dieu, mais au « sauve qui peut ! » Pour Disse Jörg : « L’accomplissement de l’histoire ne se situe pas à un hypothétique point final dans la succession linéaire du temps, mais doit être compris comme ayant lieu en chaque point du temps historique. »[2]

Cultiver la discipline du calme
Comment approcher un pareil évènement s’il devrait venir ? Christ invite au calme et non au trouble en laissant passer ce qui doit se faire. Le doute est contraire à la foi, mais le calme est la soumission à la foi ; donc se remettre totalement entre les mains de Dieu qui lui seul sera l’Auteur de toute délivrance. Le calme est une arme puissante de résistance et de volonté. Cultiver le calme n’est pas toujours facile à moins de le célébrer avec discipline. Richard Foster écrit dans son ouvrage « Célébration de la discipline » que le calme est la recette du menu de la foi. Si c’est dernière est éprouvée, elle ne peut être gagnée que par les armes du calme. Christ en a donné l’exemple dans les épreuves du calvaire sur la croix en remettant son âme à Dieu et en acceptant les douleurs de la souffrance comme le passage obligé de la glorification.

Tante Titi avait peur de la mort. Elle disait à son mari Ambroise, qui était pasteur, de ne jamais lui parler de la mort. Ce grand effroi la déboussole devant toute conversation qui lui ferait croire qu’un jour qu’elle devrait partir. Ne rendant jamais visite à ses proches parents malades pour les mêmes raisons qui la hantassent, elle préfère vivre sa vie calmement derrière le comptoir de sa boutique où elle vendait des glaçons, des petits gâteaux, de la limonade, du sucre etc. pour gagner sa vie. Tard dans sa vie, un matin, son mari comme habitude lui apporta son café dans la chambre la retrouve endormie sans jamais se réveiller. Elle était partie comme elle était venue sans savoir avant et sans savoir après. Peut-être que le calme n’invite-t-elle pas à se laisser diriger pour les mêmes raisons ?

« Limité par sa naissance et sa mort, par la lumière et les ténèbres, par le haut et le bas et l’horizon, il finit par conclure grâce à ses expériences de transformation de la nature que rien ne peut exister sans un créateur. Étant donné la perfection, la grandeur de la création par rapport à sa fragilité́ et finitude, il postule dans un langage mythique, pour se le rendre à la fois étranger et familier, un créateur aux attributs de puissance et de grandeur. Il cherche à le situer dans tout ce qui le dépasse, à lui attribuer ce qui se passe sur la terre et à se le rendre propice par des procédés magico-sacrificiels. »[3]

Se confier à l’Esprit-Saint
Devant l’évidence de la situation apocalyptique qui peut surprendre à l’improviste croyants et non croyants, il y a peut-être une autre alternative, c’est celle du lien avec l’Esprit. Voilà ce que dit Christ dans le Livre de Marc dans ce sens : « Quand on vous emmènera pour vous livrer, ne vous inquiétez pas d’avance de ce que vous aurez à dire, mais dites ce qui vous sera donné à l’heure même; car ce n’est pas vousqui parlerez, mais l’Esprit Saint «  [13 : 11]. Dans ce contexte, il y a une permutation de l’Esprit sur la pensée d’une part ; et d’autre part, la suprématie du calme sur l’inquiétude, la panique, le trouble et tout le reste. « le divin se concevant alors comme force, puissance au service de l’homme, d’un groupe qui aspire à la toute-puissance, à la reconnaissance de tous et à l’amour de tous, utilise le divin pour atteindre ces buts. »[4]

Christ remit à son Père son esprit pour qu‘il prenne charge en disant à Dieu dans son corps tout endolori au bois du calvaire. (Si dans le Livre de Luc, Christ disa : « Je remets mon esprit entre tes mains » [23 :46a] ; on retrouve les mêmes paroles chez le psalmiste dans les rudes épreuves [Ps. 31 :6a]). « Face à l’incrédulité́ des foules, Jésus a continué́ son œuvre de prédication, mais à travers les voiles du langage parabolique et en veillant particulièrement à la formation de ses disciples en vue de leurs responsabilités futures. »[5]

 

Notes et références

[1]Hubaut Michel.Le « mystère » révélé dans les paraboles (Mc 4,11-12).In: Revue théologique de Louvain, 5e année, fasc. 4, 1974. pp. 458.

[2]Disse Jörg. La temporalité dans l’eschatologie de Jésusselon la «Dramatique divine» de Hans Urs von Balthasar. In: Revue théologique de Louvain, 23e année, fasc. 4, 1992. pp. 466.

[3]Paluku-Rubinga Josaphat. Personne n’a vu Dieu[Des dieux de nos pères au Dieu de Jésus-Christ]. In: Autres Temps. Les cahiers du christianisme social. N°32, 1991. pp. 52.

[4]Ibid.p. 54.

[5]Hubbaut Michel. Ibid.p. 461.