News

Tout cela est possible seulement quand la suprématie de l’Esprit devienne l’unique moteur qui dévoile les arcanes de Dieu dans le Christ à travers : la mission, le témoignage, la compassion, l’enseignement et la consécration des disciples.

Seulement par le Verbe

6èmeDimanche après Pâque

Jean 17 : 6-19

6 » Je t’ai fait connaître aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi et tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole.

7 Maintenant ils savent que tout ce que tu m’as donné vient de toi.

8 En effet, je leur ai donné les paroles que tu m’as donnée, ils les ont acceptées et ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.

9 C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi.

10 Tout ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à moi, et ma gloire est manifestée en eux.

11 Désormais je ne suis plus dans le monde, mais eux, ils sont dans le monde, tandis que je vais vers toi. Père saint, garde-les en ton nom, ce nom que tu m’as donné, afin qu’ils soient un comme nous.

12 Lorsque j’étais avec eux [dans le monde], je les gardais en ton nom. J’ai protégé ceux que tu m’as donnés et aucun d’eux ne s’est perdu, à part le fils de perdition afin que l’Écriture soit accomplie.

13 Maintenant je vais vers toi et je dis ces paroles dans le monde afin qu’ils aient en eux ma joie, une joie complète.

14 Je leur ai donné ta parole et le monde les a détestés parce qu’ils ne sont pas du monde, tout comme moi, je ne suis pas du monde.

15 Je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les préserver du mal.

16 Ils ne sont pas du monde, tout comme moi, je ne suis pas du monde.

17 Consacre-les par ta vérité ! Ta parole est la vérité.

18 Tout comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai moi aussi envoyés dans le monde,

19 et je me consacre moi-même pour eux afin qu’eux aussi soient consacrés par la vérité.

Contexte

S’adressant au Père, Christ lui rapporte l’accomplissement de sa mission et lui demande de répondre sur l’œuvre qu’il a achevé concernant le retour à sa gloire primitive avec lui [17 : 4-5].

Intercédant en faveur de tous les croyants, il réclamait au Père pour qu’ils deviennent un avec Lui ; étant présent en eux, dans l’unité de la foi [vv. 20-21].

Thématique

Sachant que son départ du monde est proche, Christ prie son Père de protéger tous ceux qui sont venus à lui pour qu’ils reçoivent sa joie [vv. 11-13]. Le monde les déteste maintenant parce qu’ils ne lui appartiennent plus, comme moi je ne suis pas du monde. Préserve-les de tout mal et consacre-les par ta parole [vv. 14-17]. Je les envoie comme toi tu m’as envoyé pour qu’ils répandent la bonne nouvelle de la rédemption, en implantant l’église, afin que leur consécration soit parfaite en toi [vv. 18-19].

Exégèse

Rendant témoignage auprès du Père de son ministère, Christ fait le bilan de ses actions dont la principale est de porter les êtres humains à recevoir et à accueillir la parole de Dieu : « Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres » [12 : 46] ; « … moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance » [10 :10b]. Cela vient de Dieu qui lui a envoyé en mission, le remettant « … toutes choses entre ses mains … » [13 : 3] ; que les êtres humains confessent : « Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui » [3 : 2b] ; « Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et qu’il nous a donné l’intelligence pour connaître le Véritable ; et nous sommes dans le Véritable, en son Fils Jésus Christ » [1Jn. 5 : 20] ; « Un beaucoup plus grand nombre crurent à cause de sa parole » [Jn. 4 : 41]. « Grace au Christ, la rencontre de Dieu est réellement possible à travers toute l’histoire humaine. Seule importe, en définitive, la qualité́ de l’accueil que l’humanité́, à chaque étape de son développement, réservé au don de Dieu. C’est cet accueil qui fait exister, autour du Christ et par la force de son Esprit, l’Église vivante ».[i]

« Ils le savent » confirme Christ. Cette confession, répandue dans le monde, personne ne peut l’ignorer ou prétendre ne l’avoir jamais entendue parler. « Le Christ a préexisté à son activité terrestre, en étant auprès de Dieu et en étant Dieu lui-même »[ii].

En parlant de privilèges, de surabondance et d’assurance, l’intercession de Christ auprès de Dieu en faveur des croyants devient incontestable. C’est un acte de compassion, d’amour et de souci de la survie de l’humanité. Il marque la fin d’une ère de perdition, de débauche, d’immoralité et de corruption vers le commencement d’une nouvelle ère de grâce et de salut [1 :14, 17]. C’est une opportunité qui est conditionnée dans l’unique application de l’amour qui est le plus grand de tous les commandements : « Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres » [13 :34b].

Confirmant aussi son unité avec le Père « Tout ce qui est à moi est toi… » (καὶ τὰ ἐμὰ πάντα σάἐστιν, καὶ τὰ σὰ ἐμά· καὶ δεδόξασμαι ἐν αὐτοῖς.) [17 : 10], il conditionne l’existence des êtres humains dans cette unicité miraculeuse où tout se sait et tout se partage. « J’honore mon Père » [8 : 49b] affirme le Christ. « C’est dans la vision béatifique, à son degré́ le plus élevé́ de clarté́ et de perfection, que l’âme du Christ est établie. Elle voit Dieu comme il est; sans obscurité́ ; sans hésitation ; dans son infinie perfection, sa richesse sans bornes, sa sainteté́, sa toute-puissance; le tout, fondé en son indicible simplicité́. Elle voit aussi le mystère de cette vie trinitaire en laquelle se déploie la nature divine ; et dans ce mystère elle voit où s’insère l’autre mystère, de l’union hypostatique, dont elle est le bénéficiaire ».[iii]Il n’existe aucune ambiguïté puisque la relation étant parfaite, elle est conditionnée uniquement par la soumission du Christ au Père : « je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Οὐ δύναμαι ἐγὼ ποιεῖν ἀπ᾽ἐμαυτοῦοὐδέν· καθὼς ἀκούω κρίνω, καὶ ἡ κρίσις ἡ ἐμὴ δικαίαἐ στίν, ὅτι οὐ ζητῶ τὸ θέλημα τὸ ἐμὸν ἀλλὰ τὸ θέλημα τοῦ πέμψαντός με.) [5 : 30b]. il y a un argument qui engage le croyant à se fier sans restriction au Père pour participer dans sa gloire.

C’est ce que Christ est venu démontrer dans son apostolat de réconciliation engageant les êtres humains à rechercher Dieu et à rentrer dans sa volonté. Ce n’est pas la religion, le pire ennemi des croyants, mais la communion. « Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché » [1Jn. 1 : 7]. « Ce n’est pas en allant à l’église une fois par semaine ni même en respectant chaque jour un moment de culte personnel que vous entrerez dans une communion intime avec Dieu. Pour construire une relation d’amitié avec lui, vous devez le faire participer à tout ce que vous vivez ».[iv]

Christ a confirmé cette relation de communion durant son ministère car il fait tout pour le Père et ne se préoccupe que des affaires de son Père qui est aussi notre Père et pour lequel nous devrions en faire autant.Se laisser influencer par le culte des affaires affaiblit spirituellement les croyants au point où tout ce qu’ils voient et les attirent deviennent leur nouveau maitre sans se rendre compte, augmentant le poids de leurs pensées à la confusion, au doute, à la lutte constante, toujours à la recherche du mieux-être où Dieu ne devient qu’une pensée au lieu d’une réalité.C’est la cause de tous les émois de l’être humain que Dieu a jugé bon de faire intervenir son Fils unique pour que par lui on apprenne la véritable réalité spirituelle et vivre ainsi la vie par l’Esprit dans la vérité.

« Consacre-les par ta vérité » (ἁγίασον αὐτοὺς ἐν τῇ ἀληθείᾳ) [17 : 17a] affirme le Christ. Elle ne vient pas de l’être humain cette vérité, mais celle qui vient de Dieu, qui offre la vie éternelle [6 : 47]. Puisque Dieu ne peut mentir et tout être humain sans Dieu devient menteur, qui donne le véritable enseignement ? Les êtres humains, les scientifiques, les savants, les sages, non mais Dieu. Devons-nous suivre les êtres humains pour leur faire confiance, non mais Dieu ? Devons-nous nous laisser guider ou conseiller par les êtres humains pour prendre une action décisive, non mais Dieu ? Devons-nous nous laisser influencer par quiconque pour quelque raison que ce soit, même par intérêt, non mais Dieu ? « Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » [14 : 6]. Cette unité avec le Père est conditionnée par l’unité avec le Fils dans l’Esprit du Père. Si telle est celle que vous recherchez, vous la trouverez en le demandant à Dieu et en vous consacrant à la vérité dans l’Esprit du Christ.

Consacré à son service à porter le témoignage de la vérité, nous rentrons tous dans l’unité avec le Fils dans l’Esprit du Père. « A Nicodème qui, dans sa recherche de la vérité, vient une nuit poser des questions à Jésus, celui-ci répond : “L’Esprit souffle où il veut” (cf. Jn 3, 8). Mais la volonté de l’Esprit n’est pas arbitraire. C’est la volonté de la vérité et du bien. C’est pourquoi il ne souffle pas n’importe où, se tournant une fois de ce côté-ci, et une autre de ce côté-là ; son souffle ne nous disperse pas mais nous réunit, parce que la vérité unit et l’amour unit. L’Esprit Saint est l’Esprit de Jésus Christ, l’Esprit qui unit le Père avec le Fils dans l’Amour qui, dans l’unique Dieu, donne et accueille ».[v]

Christ a conditionné les disciples avant son départ pour qu’ils soient prêts à cette grande aventure pleine de grâce et de croissance de porter le témoignage[vi]de la vérité, la bonne nouvelle du salut à tous les êtres humains consacrés par la vérité. « On accède à la vérité dans une relation personnelle, dans une adhésion à celui qui vient à nous, finalement dans la foi. C’est pour conduire à cette foi que l’Évangile est écrit, il l’exprime clairement dans sa conclusion : « [Ces signes] ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom » (20,31).[vii]Il les envoie remplir leur propre mission leur remettant toutes choses[13 :3] consacrées par le Père pour qu’ils ne manquent de rien et fassent de plus grandes choses selon qu’il est écrit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père » [14 :12]. Un peu de réflexions nous ferait sourire chaque jour pour l’opportunité et la grâce qui nous sont accordées de rendre l’impossible, possible seulement par le verbe.

Aujourd’hui, on peut dire comme l’autre : « Le Peuple de Dieu est toujours hiérarchisé́, mais dans une vision d’unité́. »[viii]Tout cela est possible seulement quand la suprématie de l’Esprit devienne l’unique moteur qui dévoile les arcanes de Dieu dans le Christ à travers : la mission, le témoignage, la compassion, l’enseignement et la consécration des disciples.

 

Notes et références

[i]Wackenheim, Charles. Esquisse d’une théologie des ministères. In : Revue des Sciences Religieuses, tome 47, fascicule 1, 1973. P. 6.

[ii]https://topbible.topchretien.com/dictionnaire/logos-le/9 Mai 2018.

[iii]Glorieux, Palémon. Le Christ adorateur du Père. In : Revue des Sciences Religieuses, tome 23, fascicule 3-4, 1949. P. 247.

[iv]https://www.topchretien.com/la-pensee-du-jour/soyez-continuellement-en-communion-avec-dieu/10 Mai 2018.

[v]http://www.totus-tuus.fr/article-14245026.html10 Mai 2018.

[vi]le « témoignage » de la parole, est donc nécessairement lié au témoignage de la souffrance et du sang, non seulement comme une exigence éventuelle, mais comme une réalité́ prédite expressément par le Christ.

Pellegrino, Michèle. Le sens ecclésial du martyre. In : Revue des Sciences Religieuse, tome 35, fascicule 2, 1961. Pp. 151-175.

[vii]http://www.garriguesetsentiers.org/article-la-verite-dans-la-foi-chretienne-a-la-lumiere-de-l-evangile-de-jean-87166851.html10 Mai 2018.

[viii]Bobrinskoy, Boris. Eucharistie et mission de l’Eglise. In : Revue des Sciences Religieuses, tome 75, fascicule 1, 2001. P. 29.

Comments are closed, but trackbacks and pingbacks are open.