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La visitation

Luke 1:39-57

39 Dans ce même temps, Marie se leva, et s’en alla en hâte vers les montagnes, dans une ville de Juda.40 Elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Élisabeth. 41 Dès qu’Élisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint Esprit. 42 Elle s’écria d’une voix forte : Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni. 43 Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi ? 44 Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l’enfant a tressailli d’allégresse dans mon sein. 45 Heureuse celle qui a cru, parce que les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur auront leur accomplissement. 46 Et Marie dit : Mon âme exalte le Seigneur, 47 Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur, 48 Parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante.
Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, 49 Parce que le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint, 50 Et sa miséricorde s’étend d’âge en âge Sur ceux qui le craignent. 51 Il a déployé la force de son bras ; Il a dispersé ceux qui avaient dans le cœur des pensées orgueilleuses. 52 Il a renversé les puissants de leurs trônes, Et il a élevé les humbles. 53 Il a rassasié de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide. 54 Il a secouru Israël, son serviteur, Et il s’est souvenu de sa miséricorde, – 55 Comme il l’avait dit à nos pères, -Envers Abraham et sa postérité pour toujours. 56 Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois. Puis elle retourna chez elle. 57 Le temps où Élisabeth devait accoucher arriva, et elle enfanta un fils.

 

 

L’ange annonce à Marie qu’elle enfantera un fils par la vertu du Saint-Esprit auquel elle donnera le nom de Jésus, parce qu’elle a trouvé grâce devant Dieu. Il l’informa aussi que sa cousine Elisabeth qui fut stérile a donné naissance à un enfant [Luc 9 : 28-38].

Les parents d’Elisabeth se réjouirent avec elle de la miséricorde de Dieu au jour de la circoncision de l’enfant auquel elle donna à l’enfant reçu le nom de Jean [vv. 58-60].

Au bruit de la voix de Marie qui alla visiter Elisabeth pour quelques mois, l’enfant tressaillit dans son sein. Remplie du Saint-Esprit elle dit à Marie, qu’elle est bénie entre toutes les femmes. Avec actions de grâce elle témoigna sa reconnaissance envers Dieu qui a fait pour elle, dans sa miséricorde, de grandes choses selon les promesses faites à Abraham et à sa postérité jusqu’au terme de la naissance de son fils [9 : 36-57].

Bonne nouvelle

Les bonnes nouvelles sont toujours agréables à accueillir même quand elles sont surprenantes. C’est la surprise qui motive l’émotion d’éclater en joie pour passer de très bons moments. Même si parfois, elles sont de très courtes durées, elles laissent de bons souvenirs qu’on n’arrive pas à oublier voire relater les faits comme ils se sont présentés.

Le livre de Luc[i]justifie minutieusement le récit des faits de Marie et d’Elisabeth dans un contexte qui fait vivre ceux qui lisent avec attention l’histoire de ces deux femmes qui ont été choisies par Dieu pour être porteuses de bonne nouvelle et porteuses en leur sein des hommes qui viendront bouleverser l’humanité à la recherche et à la compréhension de la grâce du salut. Femmes ferventes et simples, les deux ont montré chacune, leur grande émotion dans leur simplicité d’accueillir la volonté de Dieu comme un honneur de la compassion divine.

Ce n’est que dans les textes apocryphes qu’apparait le nom des parents de Marie : Anne (longtemps stérile) et Joachim qui se seraient rencontrés à la Porte Dorée de Jérusalem. Ces récits sont retranscrits dans le protévangile de Jacques (IIè siècle) et l’évangile du pseudo-Matthieu (fin du VIè siècle). Marie y est présentée comme une enfant précoce, brillante par sa bonté et plus pieuse que toute autre Indéniablement dans la grâce de Dieu. Adolescente elle refuse le mariage, considérant que Dieu préfère la chasteté. « Respectant son vœu de virginité, les prêtres du Temple auraient alors organisé une cérémonie pour savoir qui Dieu désignait pour la garder. Marie ayant trouvé grâce auprès de Dieu pour devenir la mère de Jésus [1 : 26-31]. Elle était du nombre de ceux qui persévéraient dans la prière dans la chambre haute [Actes. 1 : 13, 14] »[ii].

Elisabeth et Marie

Elisabeth est présentée comme « une femme de la tribu d’Aaron, l’épouse du prêtre Zacharie, la femme vieille et stérile qui reçoit la promesse d’un fils, Jean qui deviendra le baptiste. Elle est aussi la parente de Marie dont l’évangile ne dit rien sauf que c’est une jeune fille fiancée à Joseph. Elisabeth est la femme de l’Ancien Testament, Marie celle du Nouveau Testament, les 2 femmes enceintes se rencontrent c’est ce que l’on appelle traditionnellement ‘la visitation’ ».[iii]“La description détaillée de l’interaction de Marie avec l’ange et avec sa cousine Élisabeth suggère que l’information est venue de Marie elle-même. Elle était encore vivante après la mort et l’ascension de Jésus. Luc mentionne même la présence de Marie dans la chambre haute avec les apôtres et d’autres disciples le jour de la Pentecôte (Actes 1.13). Ainsi, en quelques versets, Luc établit le temps, les personnages et la présence de Dieu menant aux naissances de Jean et de Jésus. »[iv]

Dieu, dans sa volonté de se révéler une autre fois à l’humanité, s’est choisi des personnes humaines pour réconcilier le monde avec lui. Un monde qui s’est égaré loin de la face de son créateur, qu’il faut à tout prix y remédier pour qu’il ne s’autodétruise et ne connaisse la déchéance éternelle qui a commencé depuis « la chute de la création adamique ».  Portant ses regards sur des femmes ayant une particularité remarquable de conviction et de piété, Il envoie son ange leur informer sur le choix qui a été porté sur elles pour accomplir à dessein sa mission de réconciliation avec l’humanité.

En un clin d’œil le mariage du spirituel et de la chair se consumera par la naissance de deux nouveaux nés dont l’un, sera appelé Jean et l’autre, Christ. Le premier, Jean, aura pour mission de ne boire « ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère ; il ramènera plusieurs des fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu ; il marchera devant Dieu avec l’esprit et la puissance d’Élie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé » [Luc 1 : 15-17]. « Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très Haut; car tu marcheras devant la face du Seigneur, pour préparer ses voies, 77afin de donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés » [Luc 1.76-77].[v]

Le second, Christ, aura pour mission de montrer la vraie grandeur de Dieu en réunissant les deux natures, humaine et divine par sa mort et sa résurrection pour ainsi substituer la vie du pécheur par les œuvres et les performances de son ministère. « Elle devait non seulement pourvoir à la résurrection et à l’immortalité de toute l’humanité, mais aussi nous permettre de recevoir le pardon de nos péchés, aux conditions qu’il a établies. C’est ainsi que son expiation a ouvert la voie nous permettant d’être éternellement unis à lui et à notre famille. »[vi]

Les vertus spirituelles des deux cousines

Au terme de la vie de Marie et d’Elisabeth, on retient la vie pieuse qu’exerçaient ces femmes avant que le choix de Dieu ne fusse porté sur elles. Le Livre de Luc les décrit successivement en ces termes :

La condition de Marie « est toutefois véritablement miraculeuse parce que sa conception est produite directement par Dieu sans interaction humaine. Luc décrit alors la visite de Marie à sa cousine Élisabeth pendant sa grossesse. La description détaillée de l’interaction de Marie avec l’ange et avec sa cousine Élisabeth suggère que l’information est venue de Marie elle-même. Elle était encore vivante après la mort et l’ascension de Jésus. Luc[vii]mentionne même la présence de Marie dans la chambre haute avec les apôtres et d’autres disciples le jour de la Pentecôte (Actes 1.13). Ainsi, en quelques versets, Luc établit le temps, les personnages et la présence de Dieu menant aux naissances de Jean et de Jésus ».

Pour Elisabeth, il le relate ainsi, « Du temps d’Hérode, roi de Judée, il y avait un sacrificateur, nommé Zacharie, de la classe d’Abia; sa femme était d’entre les filles d’Aaron, et s’appelait Élisabeth. 6Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d’une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur. Ils n’avaient point d’enfants, parce qu’Élisabeth était stérile; et ils étaient l’un et l’autre avancés en âge » [1 : 5-7].

Questions légitimes

Il devient évident que Dieu démontre à l’humanité à qui Il s’adresse, comment devrait être la condition de vie de la nature humaine pour recevoir sa grâce et porter favorablement ses regards sur chacune. Les ministères de Jean et du Christ viendront montrer le cheminement à suivre pour remplir pleinement les conditions du salut et recevoir la compassion de Dieu. Si on devrait parler de visitation de Marie à Elisabeth, on en tirerait qu’elle portait toutes deux, leur témoignage. Peut-être que le témoignage n’est-il pas l’œuvre de la grâce quand on la reçoit ? Ne doit-on pas la partager comme Marie et Elisabeth pour édifier les coeurs endoloris,  les âmes errantes conduites par leurs pensées et non par celui de l’Esprit-Saint ? N’est-il pas rassurant de dire que ces femmes marchaient avec l’Esprit de Dieu sans le savoir ? Que le fruit de leur consécration et de leur dévotion envers Dieu a été la preuve de leur AMOUR devant un Dieu qui sonde les cœurs et les reins et qui voit tout ?

 

Notes et références

[i]La position de Luc est une conséquencedirecte de l’attitude révolutionnairede Jésusà l’égarddes nombreuses femmes qui l’ont suivi, lors de son ministèrepublic. Comme le dit Joachim Jeremias: «Jésusapporte une véritabletransformation de la position de principe à l’égardde la femme… Dans aucun secteur de la vie sociale on ne voit, comme ici, l’empreinte évidentede la vie nouvelle sur l’existence quotidienne».

Van Cangh Jean-Marie. La femme dans l’Évangile de Luc.Comparaison des passages narratifs propres à Luc avec la situation de la femme dans le judaïsme. In: Revue théologique de Louvain, 24e année, fasc. 3, 1993. pp. 298.

Tiré de : J. Jeremias, Théologie du Nouveau Testament (coll. Lectio Divina, 76), Paris, Cerf, 1973, p. 281 et 283.

[ii]https://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/4932-marie-de-nazareth-mere-de-jesus.html

[iii]http://artbiblique.hautetfort.com/archive/2011/11/11/elisabeth.html

[iv]Excerpt From: Michel Mazzalongo. “L’évangile de Luc et les Actes des Apôtres.” Apple Books. https://books.apple.com/us/book/l%C3%A9vangile-de-luc-et-les-actes-des-ap%C3%B4tres/id1394844310

[v]Ibid.

[vi]Russell M. Nelson du Collège des douze apôtres.

Tiré d’un discours donné le 18 août 1998 lors d’une réunion spirituelle à l’université Brigham Young. Pour le texte intégral en anglais, aller sur speeches.byu.edu.

https://www.lds.org/study/liahona/2013/04/the-mission-and-ministry-of-jesus-christ?lang=fra

[vii]Dans les deux cas, pour Luc, « Les femmes sont proclamées bienheureuses non pas en vertu de leur maternité́ biologique (Le 11,27), ou de leur fonction domestique traditionnelle (Le 10,38-42), mais parce qu’elles sont disciples à l’instar des apôtres (Le 8,1-2 et 11,28). Et pas n’importe quels disciples! Les évangélistes s’accordent pour affirmer qu’elles furent les dernières présentes à la Croix et les premières au tombeau vide. Cette donnée historique incontestable, très différente du statut officiel de la femme juive de l’époque, trouve son fondement dans le comportement concret de Jésus envers les femmes enlevées au rang de disciples, dès le début de la prédication itinérante de Jésus en Galilée.

Van Cangh Jean-Marie. P. 322.

 

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