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LA PROVOCATION DU CHRIST

La provocation du Christ

Jean 10: 22-30

22 On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C’était l’hiver. 23 Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. 24 Les Juifs l’entourèrent, et lui dirent : Jusques à quand tiendras-tu notre esprit en suspens ? Si tu es le Christ, dis-le nous franchement. 25 Jésus leur répondit : Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les oeuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi. 26 Mais vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. 27 Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent. 28 Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. 29 Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. 30 Moi et le Père nous sommes un.

Les déclarations du Christ

Les juifs, divisés sur les paroles de Jésus, dirent publiquement qu’il avait un démon sur lui pour ouvrir les yeux des aveugles [Jn. 10 : 19-21].

Jésus leur rappelle que les bonnes œuvres qu’il faisait, venaient de Dieu. Mécontents, ils décidèrent de le lapider avec des pierres parce qu’il se faisait passer pour Dieu [vv. 31-33].

C’était durant la fête de la Dédicace,[1][2]sous le portique de Salomon[3]que les Juifs s’approchèrent de Jésus pour lui demander s’il était le Christ[4][10 : 22-24]. Si vous ne croyez pas dans les œuvres que je fais au nom de mon Père, c’est parce que vous ne lui appartenez pas [vv. 25-27]. Je connais mes brebis, poursuit Jésus et ils me suivent en toute humilité pour recevoir la vie éternelle, parce que cela vient aussi du Père avec qui nous sommes un [vv. 28-30].

Sa mission

Le contexte dans lequel le Livre de Jean[5]raconte la rencontre de Jésus avec les Juifs, était tout à fait particulier. Il montre d’un côté, un caractère du Christ détendu, qui se promenait – ou faire le va et vient – dans le temple ; et de l’autre, sa disponibilité à répondre à ceux qui s’approchaient de lui, notamment les juifs qui le questionnaient [10 :24]. Cette qualité flegmatique pour une vie active qu’il menait dans l’exercice de son ministère, prouve une fois de plus, la qualité singulière et mature de sa personnalité. Le temps de réflexion qu’il passait pour se pencher sur les affaires de son Père et les observations qu’il portait sans doute, à la construction de ce temple rappelle les années de Salomon dans sa gloire, où Dieu s’était visiblement manifesté à la consécration de cet espace. Espace où se retrouve encore Jésus quelques centaines d’années à se  prononcer sur l’objet de sa mission auprès de ceux (les Juifs) qui ont profité de sa présence significative pour l’aborder.

Tout le long de son ministère, il a exhibé cette conduite calme qui fait de lui un modèle et l’expression vivante de la foi. A aucun moment le Livre de Jean ne mentionne la foi du Christ, contrairement aux autres synoptiques, mais plutôt son ouverture à dire la vérité [8 : 32] et son unicité avec Dieu [v. 30]. Ce qui provoqua un choc tout le long de son ministère [7 : 12], de curieux qui s’approchaient autour de lui pour l’entendre parler [9 : 27] ou qui désiraient sa mort [10 : 32], rejetant ses paroles qui provoquent la division [v. 43] à l’antipode de leur croyance traditionnelle du Judaïsme en la personne d’Abraham.[6]Il provoquait le désir avide de vouloir l’entendre au point de créer le suspens auprès des sceptiques à la manière des pyrrhoniens, des incrédules et des passionnés.

Son argument

Des murmures aux questions, le vase se déverse et la rencontre indispensable pour répondre aux défis du suspens des Juifs qui exigent des explications [10 : 24c]. C’était le caractère « provocateur » du Christ qui attirait sur lui la foule pour recevoir son enseignement [6 : 45 ; 8 : 28 ; 9 : 34 ; 18 :20] et connaître la parole de celui qui l’a envoyé, Dieu [14 : 24]. Sa manière d’être et son argumentation marchaient de pair, faisaient de lui un instrument particulier de leadership et de bon berger[7]dont la tache et la mission attisent la flamme des croyants et sceptiques à accueillir la preuve dans l’apostolat de ses bonnes œuvres [10 : 32].[8]A ceux qui n’y croient pas [v. 25b], il accepte librement leur choix de ne pas être à ses côtés. Mais à ceux qui l’écoutent et qui le suivent :

  • il garantit les promesses de la vie éternelle[9][10]offertes par son Père pour être désormais membres de la famille de Dieu [3 : 36] ;
  • il démontre l’exercice du vrai ministère et la mission individuelle de tout un chacun [13 : 35] ;
  • il instruit sur la raison d’être de l’exercice de son apostolat [12 : 46] ;
  • il réconforte les cœurs endoloris, guérit les malades et ressuscite les morts [14 : 16 ; 5 : 9, 11, 13 ; 12 :1] ;
  • il offre gratuitement le pardon et la grâce de Dieu [1 : 14, 16] ;
  • Il apporte la réconciliation à l’humanité envers son Créateur, Son Père [14 : 6] ;
  • Il proclame la justice dans l’amour et le couronnement des attributions individuelles et collectives avec Dieu [7 : 24] ;
  • Il affirme son identité culturelle et spirituelle dans son unicité avec Dieu [10 :30].

Telles sont les promesses faites à tous ceux qui écoutent sa voix.

Notre décision

La mission de l’église est de poursuivre cette voie et de se faire accompagner par ses croyants, membres du corps de Christ, à répandre cette bonne nouvelle qui régénère, encourage et assure la vie éternelle. Les sceptiques et les incrédules auront la part de leur sort pour s’être écartés de l’appel de Dieu avec mépris au service du monde. Et comme il n’est jamais trop tard pour répondre au message du Christ et aux questions soulevées par les juifs qui deviennent d’un intérêt commun, un choix est à faire et j’encourage celui du Christ parce que cela vient de Dieu.

Dans un court entretien que j’ai eu récemment avec un ancien professeur de théologie à l’Université, il me disa qu’il aime provoquer ses étudiants pour les inviter à la réflexion et se rapprocher de Dieu de manière plus clémente, pour recevoir l’enseignement du Christ. La leçon qu’il a apprise me disait-il, est qu’il fut étonné qu’un grand nombre de ses étudiants étaient devenus chrétiens durant le cours de leurs études, pour leur avoir donner l’opportunité de réfléchir librement sur des sujets qui demandaient de la réflexion. Il croit tout aussi bien, quand on prend le temps de réfléchir sur le message du Christ, l’Esprit-Saint intervient pour éveiller la conscience et attiser la lumière divine. C’était la méthode conclut-il, utilisée par Christ, pour attirer la foule ceux qui recevaient sa parole vers Dieu.

Qu’adviendra-t-il du sort de ceux qui auront rejeté l’enseignement du Christ et méprisé le message de Dieu ? Le Livre de Jean le conclut ainsi dans le message du Christ, « Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles a son juge ; la parole que j’ai annoncée, c’est elle qui le jugera au dernier jour » [12 : 48]. Le temps passe vite ainsi que les séductions de la terre sans racine qui ne poussent que l’éphémère, la vanité et l’illusion. Le plus grand défi à relever et la plus grande richesse à obtenir est celle offerte gratuitement par Dieu.[11]Il n’y a pas de demi-mesure et nul ne peut prétendre connaître mieux que celui qui a joué un grand rôle dans la vie des croyants chrétiens et ne les a pas laissés pas orphelins : le Saint-Esprit. « C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie » [6 : 33]. « Convaincre d’autres à croire en Jésus Christ peut paraître une tâche ardue, une tâche qui requiert de l’imagination, de la spontanéité, de la patience, et de la persévérance. A cette époque de la nouvelle évangélisation, nous ne pouvons pas rester indifférent aux millions de personnes qui attendent de connaître nos raisons pour croire en Jésus Christ.»[12]  « Le salut commence par une décision initiale de repentance et de foi inspirée par l’Esprit. Il doit également aboutir à une repentance, une foi, l’obéissance et la persévérance continues! Le salut n’est pas un produit (l’assurance-vie, le billet pour le ciel), mais une relation personnelle croissante avec Dieu à travers Christ. »[13]

Jésus Christ a été le missionnaire de Dieu pourvu d’une formation d’en haut, venu pour la partager en bas. Il l’affirme en ces termes : « Et il leur dit : Vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde » [8 : 23]. « Si ma prière et ma vie chrétienne sont ternes et amorphes, est-ce parce que je « ne crois pas » tout ce que Jésus m’a dit à propos de son amour pour moi? Nous, les chrétiens, devrions être les personnes les plus heureuses, peu importe nos problèmes. Pourquoi? Parce que notre avenir est tout à fait rassurant et totalement attirant. Il est sans limites. »[14]

Notes et références

[1]Fête annuelle des juifs de 8 jours commémorant la restauration du Temple et sa nouvelle consécration après sa profanation par Antiochos Epiphane et la victoire des juifs sous les Maccabées. (1 Maccabées 4:52-59, 2Maccabée 10:5, apocryphes). Hanoukka commémore donc la restauration du Temple de Jérusalem et sa nouvelle consécration.

http://restauration.judeoapostolique.over-blog.com/article-hanoukka-fete-juive-de-la-dedicace-fete-de-lumiere-62051963.html

[2]Josèphe appelle cela le “Festival des Lumières.” De nos jours, il est connu sous le nom de Hanoukka. C’était une fête de huit jours qui at lieu vers mi-Décembre. Elle commémore la re-dédicace du Temple à Jérusalem après la victoire militaire de Judas Maccabées en 164 av. J-C., En 168 av. J-C., Antiochos IV Epiphane, qui était un leader Séleucide, essaya de forcer les juifs à faire des pratiques Hellénistes (cf. Dan. 8:9-14). Il a transformé le Temple de Jérusalem en un couvent païen, en allant jusqu’à placer un autel à Zeus dans le Lieu Saint. Judas Maccabées, l’un des nombreux fils du sacrificateur de Modin, a vaincu ce suzerain, purifia et re-dédia le Temple (cf. I Macc. 4:36-59; II Macc. 1:18).

Jean utilise la fête du Judaïsme comme une occasion au cours de laquelle Jésus se sert de leur symbolisme pour se révéler aux leaders des juifs, aux citoyens de Jérusalem, et à la foule des pèlerins (cf. chapitres 7-11).

http://www.freebiblecommentary.org/pdf/fre/VOL04A_french.pdf

[3]Sur l’esplanade du temple de Jérusalem se trouvait ce portique de Salomon qui était une colonnade couverte où le peuple pouvait rester ou marcher, protégé du temps et de la chaleur du soleil. Le portique de Salomon était un des rares endroits où Jésus se promenait : Jean 10:23 Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon.

https://topmessages.topchretien.com/texte/le-portique-de-salomon/

[4]Dans son livre Les Fondements du Christianisme, C.S. Lewis écrit : « Je cherche ici à empêcher que quiconque prononcer cette affirmation véritablement insensée qu’on avance souvent au sujet de Jésus : « Je suis prêt à voir en Jésus un éminent maître de morale, mais je rejette sa prétention à être Dieu. » C’est la chose à ne pas dire. Un homme qui, n’étant qu’un homme, tiendrait les propos que tenait Jésus ne serait un grand professeur de morale. Ce serait soit un fou, à l’image de quelqu’un qui affirmerait être un œuf poché, soit le démon des enfers. Il nous faut choisir : ou bien cet homme était et reste le Fils de Dieu, ou bien il ne fut rien d’autre qu’un aliéné ou pire encore. Soit vous enfermez ce fou, soit vous crachez au visage de ce démon et vous le tuez ; soit, au contraire, vous vous jetez à ses pieds et vous l’appelez Seigneur et Dieu. Mais n’accordons aucun crédit à cette absurdité condescendante, à savoir qu’il serait un grand maître. Il ne nous a pas laissé cette possibilité. Il n’avait cette intention. »

https://www.gotquestions.org/Francais/Qui-Jesus-Christ.html

[5]Le commentaire de l’ensemble du texte fait découvrir qu’il s’appuie constamment sur des traditions midrashiques et targumiques que l’on découvre dans des textes fournis par la Mishnah, les Targums et aussi, chose à noter, dans plusieurs deutéro- canoniques.

Manns Frédéric. Traditions targumiques en Jean 10, 1-30. In: Revue des Sciences Religieuses, tome 60, fascicule 3-4, 1986.

[6]Cet homme qui vivait en Mésopotamie environ 2000 ans avant Jésus-Christ était monothéiste (contrairement à tous les gens de son époque) et il reçut un appel de Dieu (Yahvé) pour partir de son pays idolâtre pour aller ailleurs. Dieu lui promet une descendance nombreuse qui héritera pour toujours d’un pays promis. Cette promesse est confirmée par Dieu à son fils Isaac et au fils de celui-ci, Jacob. Jacob recevra plus tard de Dieu le nom d’Israël, nom qu’il transmettra à sa descendance : le peuple Juif.

https://www.atoi2voir.com/spiritualite/religions/dossier-grandes-religions/583-judaisme-origine-livre-saint-croyances/

[7]Le bon berger est défini comme celui qui donne sa vie pour les brebis. Cette expression désigne la mort de Jésus dans l’évangile de Jean (35). Elle provient d’Is 53,10. L’emploi de la préposition huper souligne la mort expiatrice (36). La deuxième caractéristique du bon berger est la connaissance qu’il a du troupeau (37). La présentation du bon berger semble mettre l’accent sur la perspective pastorale : le berger se sacrifie pour les siens et connaît son troupeau.

Manns Frédéric. Traditions targumiques en Jean 10, 1-30.In: Revue des Sciences Religieuses, tome 60, fascicule 3-4, 1986. p. 142;

[8]Le don de Dieu qui offre de participer à sa vie, se concrétise dans la relation de confiance intime qui existe entre les brebis et le berger et dont l’origine est située dans l’action du berger.

https://croire.la-croix.com/Definitions/Bible/4e-dimanche-Paques-C-2019-05-06-1701019917?&PMID=b0220fe4fb2da1b687d32db5ec2f98cd

[9]La vie éternelle est la vie qui commence aussitôt après la mort. Elle n’aura pas de fin. Elle sera précédée pour chacun par un jugement particulier prononcé par le Christ, juge des vivants et des morts, et elle sera scellée au jugement final.

https://www.cursillos.ca/formation/documents/compendium-quest-foi/catquest207-209.htm

[10]“Le corps est parfois mentionné avec l’âme et / ou le cœur (Pss. 16: 9; 31: 9), mais ces références semblent insister sur la totalité de la personne humaine plutôt que sur des attributs qui peuvent être clairement distingués les uns des autres; «Corps et cœur» (Pr. 15:20) ou «corps et âme» (16:24) sont mentionnés dans des références parallèles de la même manière que «corps et chair» (3: 8; 5:11). Ainsi, dans Isa. 10:18 “âme et corps” est utilisé pour désigner la personne tout entière, tout ce que l’on est. Dans Matt. 10:28, cependant, “l’âme” semble être associée au moi qui fait l’expérience de la vie éternelle et le “corps” à celui qui ne connaît que l’existence mortelle. De même, Paul parle d’être «absent de corps, mais présent d’esprit» (1 Cor. 5: 3) et la possibilité d’être en dehors du corps dans un état visionnaire (2 Cor. 12: 2–3).

Extrait de: Mark Allan Powell. “Dictionnaire biblique Harper Collins – Révisé et mis à jour.” Apple Books. https://books.apple.com/us/book/harpercollins-bible-dictionary-revised-updated/id414558790

[11]La vie donnée par Jésus est éternelle ; elle vient de Dieu. Au chapitre 10 de son évangile, Jean met des paroles décisives de Jésus, des promesses de vie (éternelle). Jean écrit son évangile pour que les croyants adhèrent à la proposition de « la » Vie, comme il le dit dans une des conclusions de son livre en 20, 3 1 : « ces (signes) ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu et pour que en croyant vous ayiez la vie en son nom ».

Michèle Morgen. La communication de la vie.In: Revue des Sciences Religieuses, tome 73, fascicule 4, 1999. Approches de la vie. p. 459.

[12]https://viechretienne.catholique.org/meditation/9812-que-le-monde-puisse-croire

[13]Utley, Bob. Série d’Études Bibliques assortie de Commentaires Nouveau Testament, Vol. 4. Bible Lessons International, Marshall, Texas 2011.

[14]https://www.unmomentsacre.com/node/187028

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