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La mouvance de la grâce

Jean 13: 31-35


Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit : Maintenant, le Fils de l’homme[1]a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. 32 Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt. 33 Mes petits enfants, je suis pour peu de temps encore avec vous. Vous me chercherez ; et, comme j’ai dit aux Juifs : Vous ne pouvez venir où je vais, je vous le dis aussi maintenant. 34 Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. 35 A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres.

Satan entra en Judas durant la nuit, après qu’il reçut le pain des mains du Christ l’ordonnant d’exécuter son plan. Les disciples présents, ne comprirent rien de ce qu’il venait de dire [Jn 10 :  26-30].

Jésus répondit à Pierre qu’il ne pouvait pas le suivre, malgré sa fidélité sans réserve. Insistant, Christ lui dit, qu’il le reniera à plusieurs reprises avant que le coq ne chante [vv. 36-38].

S’adressant à la foule, Jésus déclare que le Fils de l’homme a été glorifié par Dieu et dans peu de temps, il devra retourner seul au Père. Il leur demande de s’aimer les uns les autres démontrant ainsi leur amour pour lui [vv. 31-35].

Le sens de la glorification du Christ

La victoire du Christ a été proclamée par lui auprès de ses disciples. Une victoire couronnée de gloire corporelle et spirituelle puisqu’il n’était plus comme avant. Cela ne l’empêcha pas de rencontrer les disciples à plusieurs reprises, manger avec eux, faire des miracles et continuer à les enseigner au point de leur informer de son départ imminent vers son Père. Un départ couronné de la glorification de son corps devenu éternel, un prélude de la grâce offerte à l’humanité qui aura reçu et pratiquer son enseignement. Jésus a dit qu’il est la voie qui conduit vers le Père. Son exemple est incontestable et ne peut mettre en doute les croyants pour avoir tout accompli en frayant désormais le chemin aussi glorieux à tous ceux qui le suivront et marcheront en son nom pour accomplir la volonté du Père.

La glorification du corps de Jésus est la réalité de l’Evangile de Jean et des autres synoptiques, le message de la foi annoncé à tous les êtres humains de rechercher Dieu dans le cheminement du Christ. Il a vécu sa vie dans la consécration et les œuvres de son Père. Il n’a jamais échoué dans son ministère et est resté actif même au bois du calvaire à cette prière, « Aba, Père, je remets mon esprit entre tes mains ». La relation avec le Père était parfaite[2]et s’est achevée dans l’accomplissement de sa mission digne de la confiance du Père qui n’a jamais su cacher son affection et sa confiance en le Fils, invitant tous les êtres humains à l’écouter et à le suivre. Tout son ministère s’était consacré à la formation de ceux qui l’écoutaient et le recevaient de leur cœur, qu’il affirmait d’amour. Sa compassion outre mesure et sans limite a démontré la puissance de l’amour de Dieu pour l’humanité qui est devenu sa plateforme de partage, traduisant l’affection du Père envers tous, auquel il tenait à offrir l’exemple devant les épreuves de toutes sortes qu’on lui infligeait.

« Christ a été glorifié par les nombreux miracles qu’Il a opérés, cependant Il mentionne maintenant Sa glorification dans Ses futures souffrances : elle est plus représentative que toutes les gloires qu’Il reçut ici-bas, dans son « corps d’humiliation ».

Le préjudice divin, occasionné par notre péché a été « réparé » par la mort de Christ. Nous ne pouvons pas suivre encore notre Seigneur dans la félicité céleste qu’Il connaît maintenant, mais si nous croyons vraiment en Lui, nous Le suivrons plus tard ; durant notre temps ici-bas, nous devons patienter et effectuer l’œuvre qui nous est impartie. »[3]

L’amorce du péché 

Le péché étant le choix de vivre d’un état d’âme, une arme constante qui désoblige fortement à prendre le cheminement contraire de la grâce, pour assouvir ses passions dans les richesses de la terre. Ces richesses sont les ennemis du peuple de Dieu, le peuple qui se recherche et qui devait miser uniquement sur le témoignage du Christ, largement prouvé à son succès en sens contraire. Bien qu’il avait tout, il dépendait uniquement de son Père. Ce qu’il possédait, lui appartenait au point d’en devenir un avec Lui. Ainsi la grâce s’est promenée de lieux en lieux répandant ses richesses et ses bénédictions à qui les reçoivent dans l’accomplissement de la volonté de Dieu. Déclarant imminent son départ, Christ n’a pas laissé orphelins ses disciples, il souffla sur eux pour qu’ils reçoivent le Saint-Esprit qui était aussi en lui, habiter avec eux éternellement et les enseignant toutes choses.

C’est par son Esprit que les disciples communiqueront avec lui, quand il sera parti, là où il n’est permis à quiconque de connaître le lieu si ce n’est qu’en travaillant le devoir sur l’amour, devenant l’unique lien de réconciliation avec lui et Dieu le Père. L’amour, l’essence de Dieu, où tout devrait se faire par lui pour construire un monde merveilleux initialement réputé être le jardin d’Eden de la création. « La parole entendue ce jour ne se limite pas au cercle des disciples. Il leur fixe une mission : donner au monde le témoignage de l’amour. La parole quitte le domaine de la sentimentalité pour désigner une responsabilité et une mission qui repose sur la justice et sur la rigueur de vie. »[4]Quand les vices se sont installés et que la connaissance pouvait se parfaire en dehors de Dieu, tous ont échoué et connurent le sort d’être privés de Sa grâce. Christ est venu tout restaurer dans le lien de l’amour que ne peut se conjuguer qu’à l’indicatif présent à la première personne du singulier en tout temps, avec grâce et persévérance. Il déclare en ces termes : « Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés … »

Le cheminement de la glorification humaine

Comme Christ a été glorifié, Dieu ne continuera-t-il pas de glorifier ses élus dans la perfection de l’amour ? Le message du Christ ne s’adresse-t-il pas à tous, pour exemplifier et amplifier le mode de vie de chacun vers l’unique objectif du salut? Le Livre de Jean nous apprend qu’en l’absence de Dieu, c’est la mort physique et spirituelle. En venant dans le monde pour éclairer tous, la lumière de l’enseignement du Christ restaurera l’être humain à sa création originelle lui donnant accès désormais au « jardin d’Eden », espace qui lui a été initialement destiné remontant à la Genèse pour vivre dans l’éternité.

Cet argument a sa raison d’être et peut tout aussi bien s’appliquer à la réponse du Christ, interdisant aux disciples de le suivre,[5]ne pouvant se rendre où il allait. Et si c’était l’unique scenario, l’affirmation du Christ ne nous invite-t-elle pas à une préparation de nous-mêmes ? Son enseignement n’était-il pas dans le but unique de nous dévoiler le mystère du Royaume dans l’accomplissement de l’amour ? Il est grand temps de réfléchir et ne plus jouer à l’historicité des faits plutôt qu’à l’inspiration qui commande grandement de l’appliquer à sa juste valeur pour embrasser à la fois la cause du Christ [moyen de vivre comme lui] dans l’accomplissement de la mission de réconciliation qui nous unit ; vivre comme le Christ, dans l’unicité avec Dieu [moyen de marcher avec l’Esprit-Saint].

Le témoignage qui sera porté sera celui du Christ qui d’un côté, nous a aimé en donnant sa vie pour nous par la volonté de Dieu ; et de l’autre, nous a montré le chemin [de l’amour] qui véhicule la vie avec assurance pour parvenir au salut. La mission de l’Eglise ne devra plus de psalmodier le présent dans le passé, mais de pourvoir la réflexion à la prise de conscience que le sujet de toute préoccupation de l’être humain se résume dans l’amour pour rentrer dans le chemin du Christ, lieu où il demeure ainsi que tous les autres qui l’ont compris et pratiqué dans l’achèvement de leur perfection.

La vie aura un sens pour tous, les divisions s’arrêteront, la duplicité n’aura plus sa place dans la société, les armements et les guerres deviendront totémiques. « Pour cela, il faut quitter ses peurs, ses ignorances, ses préjugés, ses raideurs dogmatiques, ses égoïsmes et ses avantages. Il ne s’agit pas ici de valoriser la souffrance, mais bien de reconnaître que le maître mot de la création est l’amour. »[6]Peut-être que le soleil de l’Eden brillera-t-il miraculeusement sur toute la surface de la terre où Dieu occupera la première place, siège initial de son trône, pour continuer à guider ses créatures admirables devenues désormais les disciples du Christ.

Notes et références

[1]Le titre de Fils de l’homme est certes un titre de gloire, mais il ne sert pas qu’à exprimer l’avenir eschatologique.

Bastin M. L’annonce de la Passion et les critères de l’historicité(suite). In: Revue des Sciences Religieuses, tome 51, fascicule 2-3, 1977. P. 193.

[2]L’unité entre le Père et le Fils est ainsi clairement évoquée. La venue de l’heure, dont le sens est suggéré par l’analogie du grain qui meurt, coïncide avec le

consentement de Jésus, la glorification du Père par lui-même, et la gloire du Fils de l’homme.

Sevrin Jean-Marie. L’intrigue du quatrième évangile, ou la christologie mise en récit. In: Revue théologique de Louvain, 37e année, fasc. 4, 2006. p. 476.

[3]https://topbible.topchretien.com/jean.14.1/LSG,COM/

[4]https://www.histoiredunefoi.fr/meditations-bibliques/2395-commentaire-de-jean-13-31-35-par-jean-michel-maldame

[5]Chez Jn, en effet, la manifestation et la gloire sont toujours liées à l’heure de Jésus.

Sevrin Jean-Marie. p. 484.

[6]https://www.histoiredunefoi.fr/…

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