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L’enseignement est une étape de croissance sans fin, de démonstration culturelle, surnaturelle et scientifique.

… mais c’est la voie!

Après que Jésus eut chassé l’esprit impur d’un enfant [Mc. 9 :24], les disciples lui demandèrent pourquoi ils n’ont pas pu en faire autant ? Jésus leur répondit que c’est par la prière qu’il faut agir [vv. 28-29].

Ayant appris par ses disciples qu’ils ont dû stopper quelqu’un qui chassait les démons en son nom, Jésus leur en empêcha d’agir de la sorte [vv. 38-39].

Voulant rester dans l’anonymat [v. 30], Jésus enseigna aux disciples qu’il sera arrêté, mis à mort puis ressuscité [v. 31]. Ne comprenant rien de ce qu’il disait, ils préféraient garder le mutisme engageant de préférence la discussion entre eux sur la route vers Capernaüm pour savoir qui était le plus grand [vv. 32-34]. L’ayant appris, Jésus les réunissant, leur informa que le plus grand doit être le serviteur de tous [v. 35]. Puis, plaçant un petit enfant entre eux, il leur dit, qu’en l’accueillant, on le reçoit et celui qui l’a envoyé [vv. 36-37].

La tendance à prendre tout à la légère a un prix : le désarroi. Ne sachant quoi ou comment le faire, on se met à improviser pour naviguer dans le tâtonnement. Puis le cycle en spiral grandissant et s’alourdissant devient un état sur lequel tous pataugent sans fin. C’est l’arbitraire et beaucoup de cultures s’en réjouissent notamment dans les pays encore dans le sous-développement parce qu’elles peuvent tout faire, à leur façon et sans contrôle. Si cela devrait être ainsi, la présence du Christ ne serait pas nécessaire. S’il est venu pour enseigner, c’est qu’il y a matière à savoir et à discuter. Son enseignement qui n’est pas le moindre, étonne ; donne de la réflexion et provoque la discussion. Dans le langage de notre siècle, on utilise le terme interaction pour favoriser l’émancipation par les moyens de l’enseignement. L’enseignement est une étape de croissance sans fin, de démonstration culturelle, surnaturelle et scientifique.

Le Livre de Marc en donne la démonstration des trois. Sachant que ses actions causeraient un handicap sérieux à l’oligarchie religieuse, Christ préfère l’anonymat annonçant sa mort et sa résurrection pour conserver son humilité d’une part ; et d’autre part, accomplir l’œuvre du Père pour laquelle il est envoyé : « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » [2 : 17]. « Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs » [10 : 45]. « Pareil langage eût été incompris, car aucun Juif n’attendait un messie souffrant. S’il y a matière à mystère dans l’annonce de cette mort, c’est justement parce qu’elle paraît contraire à la foi messianique, et ce n’est qu’à travers le style mystérieux de la « révélation » que Jésus pourra montrer que cette mort n’est pas incompatible avec sa vocation, mais qu’elle est au contraire voulue par Dieu au titre même d’évènement messianique. »[I]Et comme argument, Christ démontra sa puissance culturelle au point de questionner son autorité « 2 : 22 ; 11 : 28, 29, 33 » ; sa puissance surnaturelle en commandant à la nature « … menaça le vent, et dit à la mer : Silence ! tais-toi ! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme » [4 : 39] ; sa puissance scientifique à travers l’histoire de cette femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans, que les médecins ne pouvaient pas guérir [5 : 25-34]. Les illustrations sont incommensurables si on devrait les détailler, amplement suffisantes inviter à la réflexion. « Jésus conçoit l’apostolat comme une participation à sa mission souveraine de messie ».[II]Ces trois étapes de croissance sans fin nous démontrent clairement la manifestation du règne de Dieu dans le présent. « Faire des miracles, guérir les malades, chasser les démons, ne sont pas seulement des actes de bienfaisance, ce sont des manifestations du règne de Dieu. »[III]

La plus grande leçon que l’on peut apprendre du Livre de Marc est celle de servir. Le plus grand parmi vous, déclare Jésus doit être celui qui vous sert [9 : 35]. Ce n’est pas ce que l’on voit dans notre société. Celui ou celle qui dirige le fait à sens unique, passant des ordres, travaillant dans les pénombres, influençant directement ou indirectement les gens par son « autorité » ; hélas, et les plus faibles deviennent moutonniers. Par contre ce que l’on apprend du Christ est le caractère infantile qu’il nous commande d’avoir pour construire notre relation avec Dieu. A ce stade, les enfants jouent entre eux, participent à des activités communes et se contentent de leurs prouesses. Les accueillir et les orienter sont la mission de l’Esprit-Saint qui nous unit autour d’un seul leadership : Christ. A ce stade, on apprendra à travailler ensemble, dans un même esprit avec humilité, sans intérêt personnel, ni visibilité qui était à l’antipode de la conduite du Christ. « C’est ce problème-ci qui paraît les hanter, et ils cherchent à se l’expliquer à partir du ministère même de Jésus; les Juifs enseignés en vain par Jésus leur apparaissent alors comme les précurseurs de ces autres Juifs, hostiles au message des apôtres et de leurs successeurs. Jésus lui-même avait déjà fait l’expérience de l’incrédulité; pour les évangélistes, ce rappel est de nature, soit à condamner plus sûrement les Juifs, soit à réconforter les missionnaires chrétiens. »[IV]

« Beaucoup demeurent dans l’ignorance parce qu’ils éprouvent une certaine gêne à s’informer sur divers sujets. Hélas ! Alors que le Sauveur diffuse pleinement tout ce qui concerne Son Amour et Sa Grâce, les hommes sont tellement aveuglés, qu’ils ne peuvent comprendre Son enseignement. Nous rendrons des comptes à Dieu pour nos diverses discussions et querelles, relatives à la recherche d’un certain rang dans l’échelle sociale. Ceux qui marchent vraiment dans l’humilité, ressemblent sous cet angle, à Christ : Il les conduira alors avec plus d’affection. Jésus enseigna Ses disciples par cette évocation : ‘ quiconque reçoit en mon Nom un de ces petits enfants, me reçoit moi-même ‘ »[V].

Peut-être que l’on raconte des fables, mais c’est la voie !

Notes et références

[I]Descamps Albert. L. Aux origines du ministère. La pensée de Jésus (suite et fin). In: Revue théologique de Louvain, 3e année, fasc. 2, 1972. pp. 128.

[II]Descamps Albert. L. p. 122.

[III]Colon Jean-Baptiste. La conception du salut d’après les évangiles synoptiques. In: Revue des Sciences Religieuses, tome 3, fascicule 1, 1923. p. 72

[IV]Descamps Albert. L. Ibid. p. 124.

[V]https://topbible.topchretien.com/marc.9.27/LSG,COM/