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Le salut vient quand la croix est portée dans les douleurs de l’enfantement de la nouvelle naissance.

Jésus nous allège la situation par la grâce en nous offrant l’unique alternative qui est celle de Dieu.

L’objet de la foi

Mark 8:27-38

Le livre de Marc présente le tableau du Christ qui, guérissant un aveugle lui a recouvré la vue totalement, l’intimant de se garder dans la discrétion [8 : 25-26].

Jésus confirme que plusieurs parmi les disciples et ceux qui le suivaient verront le royaume de Dieu dans toute sa splendeur [9 : 1].

Demandant aux disciples qui pensent-ils qu’il soit : certains lui répondirent, Jean Baptiste ; d’autres, Elie ; plusieurs, l’un des prophètes à l’exception de Pierre qui lui disait, le Messie, puis leur recommanda de la discrétion [8 :27-30]. Leur informant que sa souffrance est imminente jusqu’à la mort poursuit-il, parce qu’il sera rejeté de tous, Pierre le rétorqua à côté, mais cette fois pour être blâmé par le Christ, de nourrir des pensées qui sont à l’antipode de celles de Dieu [vv. 31-33].

S’adressant à la foule, Jésus leur dit que ceux qui désirent le suivre doivent : renoncer au succès éphémère, éviter l’indifférence envers Dieu, porter leur croix, en annonçant la bonne nouvelle pour avoir la vie éternelle [vv. 34-38].

Les nouvelles ne sont jamais bonnes de tout temps quand les êtres humains sont les présumés auteurs. Même quand elles auraient une particularité de faire sourire ou cajoler l’espoir, elles deviennent amères au moment où l’on s’attend le moins et c’est la déception. La lutte est toujours constante et force est de croire que tous sont appelés à faire le choix de deux types d’expériences : (1) celle des êtres humains et/ou (2) celle de Dieu. Les réactions de Pierre en disent long et Christ dévoile l’origine de la source : « Mais Jésus, se retournant et regardant ses disciples, réprimanda Pierre, et dit : Arrière de moi, Satan ! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n’as que des pensées humaines. ὁ δὲ ἐπιστραφεὶς καὶ ἰδὼν τοὺς μαθητὰς αὐτοῦ ἐπετίμησεν Πέτρῳ καὶ λέγει· ὕπαγε ὀπίσω μου, σατανᾶ, ὅτι οὐ φρονεῖς τὰ τοῦ θεοῦ ἀλλὰ τὰ τῶν ἀνθρώπων [v. 33]. Si les pensées humaines viennent de ce dernier, on comprend le tumulte dans les sociétés et le déséquilibre qui conduisent tôt ou tard vers le déclin dans l’échec grimaçant de la civilisation.

Richard David Precht ajoute, « L’être humain est un éternel insatisfait ». [1]Les raisons qui s’en suivent sont qu’aujourd’hui, « les gens déplorent un manque de valeurs profondes dans notre société. Ils espèrent tous plus d’honnêteté, de loyauté, d’altruisme. Pourtant, au quotidien, ils se comportent bien souvent totalement à l’inverse. Pourquoi, selon vous, une telle différence entre ce que l’on souhaite, ce qu’on attend des autres, et la manière dont on se comporte ? » [2]

Jésus nous allège la situation par la grâce en nous offrant l’unique alternative qui est celle de Dieu par le moyen du Saint-Esprit. « L’Esprit-Saint habite l’âme, non comme un voyageur de passage, qui ne demande que chambre et couvert, mais comme un principe actif de renouvellement. Il purifie et sanctifie par sa seule présence, tarit en nous la source des instincts mauvais, inspire les bonnes œuvres qui sont les signes et les fruits de sa présence. » [3]

Porter le témoignage de la bonne nouvelle est le choix que prône Christ avec la condition de renoncer à soi-même [v. 33b]. « Seulement pour entrer dans cette béatitude il faut que l’homme sorte de tout ce qui est sa personne, cesse d’attacher de l’importance aux qualités particulières de sa personne, pour n’être que Christ avec le Christ, car c’est cela, être homme. » [4]Sans le renoncement il ne peut y avoir de salut. Le salut vient quand la croix est portée dans les douleurs de l’enfantement de la nouvelle naissance.« Sa vie et sa mort ont été une parfaite ‘pénitence’ pour que nous aussi nous puissions vivre la nôtre.” [5]

L’analyse du Christ entre la pensée humaine qui ne conduit que vers des illusions en spirales et celle de Dieu qui conduit au salut donne le choix à tout un chacun de mesurer l’objet de sa foi. « Écoutons Hermas discuter avec le Pasteur, qui est le Christ, dans la seconde partie de son traité, Précepte XII (46, 4) : « Je lui dis : « Seigneur, ces préceptes (s.e. que tu enseignes dans ton Évangile) sont grands, beaux, glorieux, et ils peuvent réjouir le cœur de l’homme qui sera capable de les observer. Mais je ne sais, Seigneur, si ces préceptes peuvent être gardés par un homme, car ils sont très durs ! ».

Compte tenu de l’attitude diplomatique d’Hermas, qui fait contraste avec les furieux coups de botte de Luther, nous sommes bien prêts de ce que Luther affirmait dans La liberté du chrétien : « Tous les autres commandements (que celui qui dit : « Tu n’auras pas de mauvais désirs ») sont également impossibles à accomplir par nous. »

Mais plus significatif encore : la réponse du Seigneur à Hermas, qui anticipe la prise de position des Pères du Concile de Trente. Celui- ci affirme : « Si quelqu’un dit que les commandements de Dieu sont impossibles à observer pour l’homme même justifié et établi dans la grâce, qu’il soit anathème » ; le Pasteur, de son côté́, répond à Hermas : « Si tu te mets en tête que les commandements peuvent être gardés, tu les garderas facilement et ils ne seront pas durs ; mais si te monte déjà̀ au cœur l’idée que ces commandements ne peuvent être gardés par un homme, tu ne les garderas pas. Mais je te l’affirme (et ceci équivaut bien à un anathema sit) : si tu ne les gardes pas, si tu les négliges, tu n’obtiendras pas le salut, ni tes enfants, ni ta maison, car tu te condamnes toi-même par ton sentiment que ces préceptes ne peuvent être gardés par un homme » (ch. 46, 5-6). » [6]

 

Notes et références

[1]https://www.inrees.com/articles/Richard-David-Precht-L-homme-est-un-eternel-insatisfait/. 15 Septembre 2018.

[2]Ibid.15 Septembre 2018.

[3]Robillard Edmond. Aux sources de la prière: l’Esprit-Saint dans l’homme nouveau. In: Revue des Sciences Religieuses, tome 50, fascicule 2, 1976. P. 59.

[4]Eck Suzanne. Le salut par le Christ d’après maître Eckhart. In: Revue des Sciences Religieuses, tome 75, fascicule 4, 2001. 700e anniversaire de la naissance de Jean Tauler. p. 542.

[5]Ibid. p. 543.

[6]Robillard Edmond. Op. cit., p. 162.

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