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Vous pensez que vous allez réussir avec votre intellectualité ou votre savoir-faire au détriment des autres, ne vous trompez pas sur l’enseignement du Christ ou sur sa prise de position en faveur de ses brebis.

Le vaste champ de l’illusion

Troisième Dimanche après Pâque

22 Avril 2018

LSG John 10:11Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. 12Mais le mercenaire, qui n’est pas le berger, et à qui n’appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, abandonne les brebis, et prend la fuite; et le loup les ravit et les disperse. 13Le mercenaire s’enfuit, parce qu’il est mercenaire, et qu’il ne se met point en peine des brebis. 14Je suis le bon berger. Je connais mes brebis, et elles me connaissent, 15comme le Père me connaît et comme je connais le Père; et je donne ma vie pour mes brebis. 16J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là, il faut que je les amène; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. 17Le Père m ‘aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. 18Personne ne me l ‘ôte, mais je la donne de moi-même; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre: tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père.

Se référant aux Pharisiens, [9 :40] Jésus leur dit, qu’il est la porte qui ouvre la voie aux brebis. Tous ceux qui sont venus avant lui, étaient des délinquants et des voleurs [10 :8]. Ceux qui ouvriront ma porte auront la vie éternelle et ne manqueront de rien confirme le Christ [v. 9].

Pendant que plusieurs juifs discutaient entre eux et le menaçaient ; d’autres pensaient plutôt qu’il les édifiait [v. 21].

Jésus confirme qu’il est le bon berger, venu pour donner sa vie pour ses brebis [v. 11], à l’inverse du mercenaire qui s’enfuira quand vient le danger [vv. 12-13]. Cette reconnaissance mutuelle vient de l’amour qui est du Père dans le Fils et se transmet aux siens [vv. 14-16]. Le Père m’aime parce que je suis prêt à m’offrir en sacrifice pour mes brebis que personne ne peut m’enlever [vv. 17-18].

Il est évident de comprendre que le message du Christ, rappelle à l’être humain de ne pas se confier à quiconque quel qu’en soit les circonstances. Le Livre de Jean n’invente pas les symboles ; autant le dire pour celui du berger, de l’agneau, de ses noces, de la grande Babylone pour l’Apocalypse pour s’adresser directement à des gens qui participent à la même tradition. Il va plus loin et permet de tirer des comparaisons de la vie de tous les jours sur le comportement de la société et du peuple de Dieu en particulier. Il présente clairement le tableau de Christ qui accuse TOUS les leaders de faux, de ravisseurs, d’exploiteurs de mercenaires dans l’unique but de contrôler, d’asservir, d’exploiter, d’apprivoiser à profit tout ce qui peut être bénéficiale. Cela vient du fait que : « …notre nature déchue a toujours tendance à être attirée par des dirigeants qui nous semblent forts et pleins d’autorité »[1]. Étant berger, par conséquent leader, il exhibe les particularités fondamentales à ces comportements, d’ignorer, de la surdité, d’agir à leur guise. Christ invoque une notion puissante qui a rapport au mépris face aux exigences ; à l’arrogance face à l’humilité ; à la surdité face à l’écoute ; à l’insensibilité face à la compassion.

Comme le Père le connaît et qu’il connaît le Père – καθὼς γινώσκει με ὁ πατὴρ κἀγὼ γινώσκω τὸν πατέρα, καὶ τὴν ψυχήν μου τίθημι ὑπὲρ τῶν προβάτων – [v. 15], il mise sa confiance uniquement en Lui qui ouvre la voie au discernement. Trop souvent on se laisse emballer par toute sorte de leadership soit entre amis ou entre nous, soit par opportunité, soit pour obtenir une position d’autorité [quelle autorité ?] même si cela viendrait après ; en d’autres termes tout se fait par intérêt sauf pour servir. Pareils comportements conduisent à la fausse route et à la déception. D’ailleurs ceux qui ont en fait l’expérience ont gouté au fiel amer du dégout, du désarroi jusqu’à l’abandon. Victimes de ce mode de leadership, Christ interpelle la conscience pour la rendre captive à son œuvre pascale : réunir son troupeau et donner sa vie pour ses brebis.

Notre société est réputée pour de telles pratiques abâtardissantes dans tous les milieux sociaux et à tous les niveaux sans exception, sans contrôle ni régulation face à un grand nombre de nouveaux adeptes candidats au support d’une illusion, communément appelés suiveurs.

Christ édifie par son enseignement et la véracité de son langage [10 :21] ; en témoignent certains disciples qui l’ont compris et l’ont affirmé sans réserve dans les persiennes de la vérité pour ce qui est juste, raisonnable, acceptable, mitoyen et équilibré. La raison finit par inoculer le bon sens dans la psychè de ceux qui prennent le temps d’écouter, de lire, de méditer et conscients d’une réflexion d’amour. L’amour est toujours le plus fort et le pari à relever est de se consolider dans l’unicité du Fils avec le Père. Moi et le Père, nous sommes un affirme le Christ [10 :30]. Un duo communément appelé dans notre langage moderne : « une équipe » et l’Esprit qui ouvre la voie à la communication verticale pour complémenter la perfection de travailler en équipe.

Ce principe n’est pas venu au monde tout dernièrement, l’Église du Nouveau Testament utilisait ce principe de façon très efficace il y a 2000 ans !

En effet le travail d’équipe se retrouve partout dans le Nouveau Testament et l’Église primitive est un des plus bel exemple du travail d’équipe. Les disciples ont attendu dans la chambre haute ensemble, Jésus était entouré des apôtres et il a envoyé ses disciples ensemble, les apôtres travaillaient presque exclusivement en équipe. Le principe en est bien simple, on est bien plus efficace en équipe car on peut utiliser les forces des différents individus pour ensuite les combiner et avoir beaucoup plus de puissance et d’impact pour accomplir l’œuvre de Dieu.

Fait intéressant, dans la Parole de Dieu, les ministères de diacres et d’anciens sont toujours employés au pluriel, donc on peut en déduire que le travail d’équipe était bien présent.[2]

Si on devait se reposer sur son savoir seulement en pensant dicter à d’autres ce qu’ils doivent faire alors qu’ils ont la capacité de l’observation et de l’expérience, on n’irait nulle part. En témoigne le conditionnement de toute société qui n’est pas apte à produire des fruits quel qu’en soit les soi-disant efforts fournis. Tout finit par sombrer dans le vaste champ de l’illusion. Christ demeure la révélation dans la manière d’exercer le leadership, en apprenant à apprécier la valeur des autres : Père, Fils, Esprit et nous pour faire avancer toute inspiration dans l’œuvre parfaite de Dieu. Christ « demeure aujourd’hui notre maître à penser, notre catéchète, notre modèle, celui que nous voulons suivre car il nous aime, nous cherche et nous trouve là où nous sommes. C’est notre Dieu. Il s’agit donc d’une histoire signifiante et actualisée, mais pas symbolisée »[3]. C’est la formule, la seule, qui paraisse répondre au caractère collectif de la science, et notamment de la science d’aujourd’hui avec la lourdeur de ses appareils notionnels et techniques.[4]

Dieu nous aime et nous apprend à aimer les autres et à les voir dans les lunettes du Christ. Si Dieu s’est servi du Christ ; pourquoi pas nous avec nos semblables. C’est un acte d’amour. Et puisque l’amour triomphe de tout, le succès sera divinement assuré. Jésus a dit, en rentrant par sa porte, non seulement on connaitra l’émancipation, mais aussi le succès [10 :9]. Vous pensez que vous allez réussir avec votre intellectualité ou votre savoir-faire au détriment des autres, ne vous trompez pas sur l’enseignement du Christ ou sur sa prise de position en faveur de ses brebis. Vous n’avez rien sauf la capacité démagogique de mercenaire dans le camp des aveugles. En profitant de son enseignement, vous recevez la grâce du succès, cette arme magnifique de l’unité dans la diversité pour construire les aspirations dans le partage de l’amour, du savoir vivre et du savoir-faire. ὁ μισθωτὸς καὶ οὐκ ὢν ποιμήν, οὗ οὐκ ἔστιν τὰ πρόβατα ἴδια, θεωρεῖ τὸν λύκον ἐρχόμενον καὶ ἀφίησιν τὰ πρόβατα καὶ φεύγει- καὶ ὁ λύκος ἁρπάζει αὐτὰ καὶ σκορπίζει [10: 12].

En salle de classe, mes étudiants me posèrent récemment la question pourquoi est-il écrit dans le drapeau du pays l’effigie « L’union fait la force » ? Désolé, répondis-je spontanément ; ce n’est pas l’union qui fait la force mais l’amour [Dieu] qui est la force. L’amour conditionne la force vers la construction, le développement, le respect du prochain, le « tèt ansanm », la croissance, le bonheur indicible de tous et de chacun. J’ai finalement ajouté comme Menard, « ‘Alors, celui qui sait prend ce qui lui est propre et il l’attire à soi. Car celui qui est ignorant est déficient, et il manque de beaucoup, puisqu’il manque de ce qui doit le perfectionner. Puisque la perfection du Tout est dans le Père, il est nécessaire que le Tout remonte vers Lui (et) que chacun prenne ce qui lui est propre’ que Christ a pleinement démontré. »[5]

Notes et références 

[1]http://esaie.free.fr/pdv/articles/A98.loups_ravisseurs.htm20 Avril 2018.

[2]https://www.topchretien.com/topmessages/texte/limportance-du-travail-en-equipe/20 Avril 2018.

[3]Prigent, Pierre. Le symbole dans le Nouveau Testament. Tome 49, fascicule 1-2, 1975. P. 114.

[4]Zazzo, Rene. Un travail d’équipe. Réflexions à propos du symposium sur les dyslexies. Tome 4, no. 5. P. 25.

[5]Menard, Jacques E. La “Connaissance” dans l’Evangile de Verite. In : Revue des Sciences Religieuses, tome 41, fascicule 1, 1967. P. 2.