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La joie est conditionnée dans la relation avec Dieu qui est source de toute joie et de confort durables.

La Pentecôte: Une démonstration de réalité

La Pentecôte
Jean 15:26-27; 16:4b-15

26 » Quand sera venu le défenseur que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de la vérité qui vient du Père, il rendra témoignage de moi.
27 Et vous aussi, vous me rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi depuis le début.
4b Je ne vous en ai pas parlé dès le début parce que j’étais avec vous.
5 Maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé et aucun de vous ne me demande : ‘Où vas-tu ?’
6 Mais parce que je vous ai parlé ainsi, la tristesse a rempli votre cœur.
7 Cependant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille. En effet, si je ne m’en vais pas, le défenseur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai
8 et, quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement :
9 en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ;
10 la justice, parce que je vais auprès de mon Père et que vous ne me verrez plus ;
11 le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé.
12 » J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les supporter maintenant.
13 Quand le défenseur sera venu, l’Esprit de la vérité, il vous conduira dans toute la vérité, car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu et vous annoncera les choses à venir.
14 Il révélera ma gloire parce qu’il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera.
15 Tout ce que le Père possède est aussi à moi ; voilà pourquoi j’ai dit qu’il prend de ce qui est à moi et qu’il vous l’annoncera.

S’adressant aux disciples, Jésus leur dit, ceux qui sont coupables, sont ceux qui prennent ma parole à la légère et les œuvres que j’ai faites, méprisant Dieu [Jn. 15 : 23-25].

Perplexes, il leur annonce qu’il retourne dans un délai très court auprès de son Père [16 : 16-17].

Christ informe aux disciples un peu attristé, que l’Esprit qu’il leur enverra, continuera son œuvre en eux et tous ceux qui auront cru, qui ont été ses témoins depuis le tout début de son ministère [vv. 26-27 ; 16 : 4b-5]. Puisque les incrédules ont rejeté son témoignage, son départ devient imminent pour que le Consolateur qui est un avec lui et le Père leur enseigne la voie de la justice [vv. 5-15].

Il devient quasi impossible disait Jonathan récemment, de marcher selon l’Esprit. Pour lui, c’est nettement difficile et vraiment impensable de croire que l’on peut s’adjoindre à une autre force dont la source est différente de la leur. Il poursuit pour ajouter, ceux qui le disent ne font pas ce qu’ils affirment parce que les antagonismes sont trop flagrants et la double personnalité visible à l’œil nu. Les causes sont très souvent répertoriées dans la duplicité, le manque de sincérité, une affirmation de soi. Il ajoute que la plupart des gens qu’il connaît semblent avoir une conduite extérieure diamétralement opposée à celle de l’intérieure. Définitivement poursuit Jonathan, « je n’y crois pas. »

Certainement l’expérience de la foi est individuelle et la foi n’est pas statique. Elle est toujours en mouvement, à la recherche d’argumentation pour cultiver la croissance. La croissance marche de pair avec l’enseignement que l’on reçoit. Si pour les chrétiens, et comme l’affirme le Livre de Jean, le Consolateur instruira sur tout ce qui concerne l’état de vivre en nouveauté de vie [14 :26] ; pour d’autres il n’y a que la force intellectuelle qui est l’instrument de tout changement et de toute croissance en la science.

Tous ces discours semblent concourir à une argumentation rationnelle et pourquoi pas ? Mais à l’opposé, Christ croit que c’est de l’incrédulité [20: 27], parce que la foi n’a rien de rationnelle mais de communion avec Dieu ; seulement si elle existe. « Hommes de peu de foi » disait Jésus à ses disciples devant les multiples miracles qu’il faisait. Les miracles ne sont pas rationnels, mais sont les produits d’un acte relationnel venant du Père. « Moi et le Père, nous sommes un » ἐγὼ καὶ ὁ πατὴρ ἕν ἐσμεν [10 :30] disait le Christ. Dieu est le Dieu des miracles mais aussi le Dieu de la tête. Pour mieux situer le contexte: la tête est la résidence de la pensée, là où la conscience est la demeure de l’Esprit [8 : 9].  Cette dernière étant le moyen donnant accès à l’Esprit. Jean insiste et signe « La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas reçue » καὶ τὸ φῶς ἐν τῇ σκοτίᾳ φαίνει, καὶ ἡ σκοτία αὐτὸ οὐ κατέλαβεν [1 : 5]. Le choix des ténèbres est la cause principale de l’envoi du Saint-Esprit pour éclairer toutes les âmes de bonne volonté à se réconcilier avec Dieu afin d’obtenir la vie éternelle [15 : 7}.

C’est un acte de patience et surtout d’amour. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » οὕτως γὰρ ἠγάπησεν ὁ θεὸς τὸν κόσμον, ὥστε τὸν υἱὸν τὸν μονογενῆ ἔδωκεν, ἵνα πᾶς ὁ πιστεύων εἰς αὐτὸν μὴ ἀπόληται ἀλλ᾽ ἔχῃ ζωὴν αἰώνιον [3 : 16]. On comprend pourquoi la mission du Christ n’a jamais été facile malgré les démonstrations de puissances devant une foule qui ne comprenait ni ne voyait pas. La différence entre hier et aujourd’hui est quasi la même parce que les incrédules ont fait le choix de leur ego personnel ; et les croyants, un acte d’abandon de soi pour accueillir le message de l’espérance dans la connaissance de la vérité. Le combat devient entre la pensée et l’Esprit. « Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est Esprit » τὸ γεγεννημένον ἐκ τῆς σαρκὸς σάρξ ἐστιν, καὶ τὸ γεγεννημένον ἐκ τοῦ πνεύματος πνεῦμά ἐστιν [3 : 6]. Christ en a fait la différence et c’est dommage de ne pas sauter sur cette « opportunité » qui ne coûterait rien à quiconque, au lieu de se fier sur sa propre sagesse à l’opposé, ne conduisant JAMAIS à rien. La sagesse humaine est éphémère, de coute durée, alors que celle de l’Esprit est éternelle [15 :20 ; 17 :2-3].

Résumons en contexte : (1) « Je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité »» Ὅταν ἔλθῃ ὁ παράκλητος ὃν ἐγὼ πέμψω ὑμῖν παρὰ τοῦ πατρός, τὸ πνεῦμα τῆς ἀληθείας ὃ παρὰ τοῦ πατρὸς ἐκπορεύεται, ἐκεῖνος μαρτυρήσει περὶ ἐμοῦ [15 : 26]. C’est un miracle ou une promesse vaine ? Ce n’est pas cette dernière mais plutôt une vérité qui se confirme. Il est possible de vivre selon la vérité qui est le produit d’un changement intérieur et miraculeux. « car sans moi vous ne pouvez rien faire » [15 : 5b]. Donc avec l’enseignement du Christ, il devient possible si l’on demeure dans la vérité ; encore une autre confirmation qui est largement visible pour tous ceux-là dont leur vie a été transformée par l’enseignement du Christ dans leur témoignage. « La redécouverte en cours de l’actualité vivante de l’Esprit Saint est un signe de grande espérance. Il me semble qu’« on voit se dessiner une étonnante convergence des Églises chrétiennes autour de l’Esprit Saint »

(2) Le témoignage devient réel non seulement pour les disciples mais pour tous ceux qui l’exercent dans leur apostolat. Christ a démontré ses responsabilités envers Dieu et il a pris le chemin de la croix qui est le chemin de la vie. Il  demande les mêmes pour tous ceux qui désirent le suivre de s’armer de courage pour rentrer dans sa gloire qui est celle du Père. La gloire n’est pas sans combat, elle est conditionnelle. « Tu ne peux pas me suivre maintenant. » ἀπεκρίθη [αὐτῷ] Ἰησοῦς· ὅπου ὑπάγω οὐ δύνασαί μοι νῦν ἀκολουθῆσαι [13:36]. Voilà le chemin à prendre pour rencontrer l’Esprit du Père et vivre la vie de l’Esprit. Un renoncement total du cœur et de la pensée. « Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » ὅτι καταβέβηκα ἀπὸ τοῦ οὐρανοῦ οὐχ ἵνα ποιῶ τὸ θέλημα τὸ ἐμὸν ἀλλὰ τὸ θέλημα τοῦ πέμψαντός με [6 : 38]. Une position plutôt instrumentale pour conditionner la relation horizontale avec celle verticale. Les témoignages deviennent vivants et touchent les consciences au point de leur porter à la repentance véritable.

(3) La tristesse devient passagère car le croyant ne devient plus seul parce que cultivant cette nouvelle vie de relation avec l’Esprit qui le conditionne dans l’intimité du Père par le Fils. La plupart des gens que je connaisse murmurent et sont préoccupés par ce qui attisent leurs pensées pour les conduire à la tristesse. L’Esprit est la source de toute joie, et le Psalmiste disait « Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Éternel » [Ps. 122 :1]. La joie ne peut venir que de Dieu car elle n’existe pas en dehors de lui. L’expérience que les gens les plus heureux sur terre ne sont pas ceux qui sont riches ou qui sont pauvres, mais ceux qui vivent de l’espérance de la vie intérieure avec l’Esprit. La joie est conditionnée dans la relation avec Dieu qui est source de toute joie et d’assurance durables. La tristesse perd sa place et son énergie dans la puissance du verbe à cause des promesses de la parole qui est la vérité.

(4) L’Esprit de vérité, est aussi l’Esprit de lumière. Seuls ceux qui l’acceptent reçoivent aussi la lumière. La vérité et la lumière se rencontrent en Christ. « … Je suis la lumière du monde » [9 : 5]. « Vous connaitrez la vérité, et la vérité vous affranchira » καὶ γνώσεσθε τὴν ἀλήθειαν, καὶ ἡ ἀλήθεια ἐλευθερώσει ὑμᾶς [8 :32]. Puisqu’il instruit, il corrige et on discerne. C’est le rapport de tout être humain dans sa communion avec Dieu. Il ne reste pas orphelin, il a donc un guide qui est le Christ par l’Esprit du Père qui le conduit dans la résidence de la conscience. “Ceux qui marchent dans l’esprit de vérité, c’est-à-dire « les fils de la vérité », pratiqueront toutes sortes de vertus : la justice, la vérité ; ils auront la crainte des jugements de Dieu. L’esprit de vérité leur inspirera l’humilité, la longanimité, l’abondance de miséricordes, une bonté éternelle ; la prudence, l’intelligence, la sagesse forte ayant foi dans toutes les œuvres de Dieu et appuyée sur l’abondance de sa charité (IV, 2-5).” La conscience fait toujours écho dans la voix intérieure qui convainc de péché et d’injustice. Christ présente l’Esprit comme une extension virtuelle de Dieu dont l’être humain est l’instrument de sa présence. Tout comme le computer est l’instrument physique de l’internet, l’être humain est l’instrument physique de la virtualité de l’Esprit dont Dieu étant la source d’alimentation en informations infinies. L’Esprit ne parle jamais de lui et ne se vante jamais. Il est l’extension de Dieu avec la mission unique de canaliser les êtres humains à vivre pour recevoir le salut éternel.

 

Notes et références

LJ Suenens Une nouvelle pentecôte. In. Revue théologique de Louvain, 6e année, fasc. 1, 1975. pp. 84-86

Delcor, Mathias. L’eschatologie des documents de Khirbet Qumran. In: Revue des Sciences Religieuses, tome 26, fascicule 4, 1952 pp. 363-386.