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La foi est un acte de résistance et une arme offensive à la conquête du savoir.

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La foi, un acte de résistance

Mc. 4 : 35-41
Sermon à l’occasion de la Cérémonie de clôture de fin de cycle des promotions 2013/14-18 à l’Université G.O.C.

35 Ce même jour, sur le soir, Jésus leur dit : Passons à l’autre bord.
36 Après avoir renvoyé la foule, ils l’emmenèrent dans la barque où il se trouvait ; il y avait aussi d’autres barques avec lui.
37 Il s’éleva un grand tourbillon, et les flots se jetaient dans la barque, au point qu’elle se remplissait déjà.
38 Et lui, il dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillèrent, et lui dirent : Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons ?
39 S’étant réveillé, il menaça le vent, et dit à la mer : Silence ! tais-toi ! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme.
40 Puis il leur dit : Pourquoi avez-vous ainsi peur ? Comment n’avez-vous point de foi ?
41 Ils furent saisis d’une grande frayeur, et ils se dirent les uns aux autres : Quel est donc celui-ci, à qui obéissent même le vent et la mer ?

Chers amis et chers finissants,

À ce tournant de votre vie, je vous invite à réfléchir pour comprendre l’objet de votre mission. Vous êtes tous des missionnaires du changement dans la continuité, appelés à modeler votre société, travailler à son développement partout où vous serez sur la planète. Mais il vous manque une chose : l’enseignement et la formation du Christ.

J’ai appris à appliquer cette phrase du Christ dans le Livre de Jean au chapitre 15 verset 5c : « … car sans moi vous ne pouvez rien faire. » Croyez-moi, c’est la vérité.

L’Évangile d’aujourd’hui sera portée sur le Livre de Marc 4 : 35-41 septième dimanche ordinaire, développée en contexte sur le reste de votre parcours à l’Université et le devenir de l’exercice de votre profession. Merci de porter une attention soutenue à ce message et à celui qui vous est offert de relire sur notre blog dans le site web de l’UGOC.

Jésus enseignait en parabole de manière à susciter l’éveil de l’imagination de ceux qui pouvaient le comprendre. Mais en aparté, il expliquait tout à ses disciples [Mc. 4 : 33-34].

De l’autre côté de la mer où il se trouvait, dans la zone des Gadaréniens, en descendant une barque il fut approché par quelqu’un qui avait sa demeure dans les sépulcres, ayant sur lui, un esprit impur [5 : 1-3].

Le même jour, avant de se rendre dans la zone suscitée, il renvoya la foule qui le suivait, et monta une barque [4 :35-36]. Pris dans un grand tourbillon au milieu du voyage, la barque recevait déjà beaucoup d’eau et les disciples paniqués, réveillèrent Jésus qui était en plein sommeil, pour lui dire qu’ils étaient en danger, de leur secourir [vv. 37-38]. Il ordonna au vent et à la mer de se calmer ; ce qui fut [v. 39]. S’adressant aux disciples, Jésus leur demanda pourquoi avoir peur et où est votre foi ? Saisis d’une grande frayeur, ils ne savaient quoi répondre, ne comprenant pas pleinement ce qui venait de se passer [vv. 40-41].

Dans notre société comme presque partout ailleurs, les gens vivent avec des œillères, ne voyant qu’à travers les persiennes de leur intelligence. Chacun construit son monde et ne voit que par ce dernier, reflet d’une culture de village avec de faibles ressources de réflexions, particulièrement dans un pays comme le nôtre, du tiers monde. Très souvent, quand les conversations ne sont pas les mêmes, il y a divergence par faute de communication de voir et de comprendre les choses très souvent limitées par manque d’expériences.

Le langage en parabole du Christ n’était pas sans raison, car il portait les gens à la réflexion afin d’aller un peu plus loin dans leurs idées. Puisque la réflexion est un point de départ, il faut la construire par les moyens de l’observation et de l’expérience.

Ce n’est pas ce qu’on a l’habitude d’entendre qui est nécessairement le mensonge ou la vérité. Les deux existent dans l’unique but de balancer l’équation du dialogue ; l’un pour démolir et l’autre pour construire et vice-versa. L’enjeu c’est finalement quoi ?

Le livre de Marc met en exergue le test de la foi. On est ce qu’on affirme. Christ enseigne la foi par son argument autoritaire et sa hardiesse d’oser [1 :22, 27 ; 11 : 28-29, 33]. Cela ne venait pas de lui, mais de Dieu. Chose nouvelle pour ceux qui l’écoutaient en se rapprochant de lui pour en savoir davantage : la foule. La foule qu’il renvoya dans la soirée, grandissait en nombre et devenait de plus en plus curieuse d’informations. Assoiffés d’enseignements pour consolider ses espoirs et construire son rêve à l’exception de quelques-uns qui prétendaient savoir mieux, l’accusant : « … c’est par le prince des démons qu’il chasse les démons » [3 : 22b]. Cela ne dérangeait en rien ceux qui les écoutaient dans leur poursuite à entendre le Christ. C’est la qualité de son enseignement qui les attirait partout où il passait même à monter des barques au péril de leur vie pour continuer à le suivre [4 : 36].

Christ était ce grand professeur qui incitait les étudiants de sa classe à venir suivre ses cours. Une grande foule venait de partout pour recevoir cette formation qui n’était pas des moindres et qui pouvait changer véritablement la vie. Ces étudiants rappellaient étrangement ceux qui venaient au temple de Gamaliel pour apprendre dans cette grande École de pensée communément appelée théologie par Saint Augustin ou ceux qui se rendaient à l’Université G.O.C. pour apprendre. Quel qu’en soit la foule ou la classe qu’il faisait, il y avait aussi ceux qui parlaient pour distraire les autres et ceux qui étaient attentifs pour apprendre et réussir.

Aujourd’hui, à cette cérémonie de clôture de fin d’études et d’actions de grâce, chacun devrait se poser la question : Après toutes ces années d’études, dans quelle catégorie je me trouvais durant mon parcours ? Le livre de Marc situe le contexte des épreuves dans l’histoire fascinante du professeur, Christ et ses étudiants : les disciples.

Le livre de Marc situe le contexte des épreuves dans l’histoire fascinante du professeur Christ et ses étudiants ; les disciples. Le décor pittoresque de la zone des Gadaréniens qui nous rappelle le parc universitaire de l’UGOC entouré de hautes collines et d’étroites vallées, donnait lieu à de forts courants d’air. Elle est aussi réputée pour le passage des tempêtes où les flots étaient relativement tumultueux. Peu importe, les disciples s’embarquent malgré tout pour se retrouver durant le voyage au cœur d’un tourbillon et d’une mer très agitée. Secoués au paroxysme avec une psychose de peur insurmontable à la limite de leur foi probablement criant à haute voix « anmwe », les disciples, ‘plutôt que de chercher à régler la situation’ ont préféré s’adresser vigoureusement à Jésus ensommeillé profondément ‘à la poupe sur le coussin’ en toute quiétude avec une assurance confortable et insurpassable ‘en dehors du souci de l’angoisse’ devant les défis de tous genres, pour lui demander du secours. « Or, le sommeil de Jésus est révélé au moment où la tempête bat son plein. Un puissant contraste est ainsi établi entre le chaos extérieur et le sommeil tranquille dans lequel se trouve Jésus, et qui signifie de façon exemplaire, selon Léon-Dufour, ‘la confiance que l’homme doit avoir en Dieu ; il révèle une qualité unique de cette confiance, telle qu’elle est vécue seulement par le Fils de Dieu à l’égard de son Père’. Ainsi, poursuit Léon-Dufour, ‘autant que par son apostrophe véhémente, Jésus en dormant invite les disciples apeurés à découvrir, à travers son silence ou son absence apparente, la présence de Celui qui peut tout’».[i]

Se réveillant, Jésus ordonna à la tempête et à la mer de se calmer avec autorité en lui disant en ces termes : ‘Taisez-vous !’ Et sur le coup, tout revient à la normale. « Celui qui voici quelques instants était plongé dans l’inconscience du sommeil se révèle tout à coup le maître des éléments naturels et assume toutes les prérogatives de la divinité ».[ii]Ce terme qui semblait s’adresser à une entité ou une force puissante de destruction s’est contrit devant la puissance du verbe. Ce n’était pas une simple phrase, mais un terme de puissance, commandant à la nature ou à toute entité pour la déposséder de son pouvoir. Il peut paraître invraisemblable de comprendre pareille analogie, et si le cas échéant l’était comme je le crois ; même sans preuve, je l’accepte par la foi.

La leçon tirée de cette scène nous ramène à comparer le récit de Thomas, réputé pour être un professeur brillant et talentueux qui raconte : les examens n’ont pas eu le résultat escompté pour plusieurs raisons : (1) au moment des épreuves, la plupart des étudiants pensaient qu’elles allaient être faciles en se livrant au plagiat ;[iii](2) durant les épreuves, malgré les documentations permises, ils réalisent qu’ils n’avaient pas compris les leçons enseignées pour les avoir prises à la légère. Au lieu de prendre le temps de réfléchir et de trouver la solution, ils ont préféré lui demander la réponse en place et lieu de la question. Sans me faire attendre, je leur ai montré poursuit Thomas, comment résoudre le problème en les mettant en confiance.

Jésus, s’adressant aux disciples leur demande clairement en deux points : (1) Pourquoi avoir peur ? (2) Où est votre foi ?

La peur est un état d’âme qui est sous l’influence de la pensée. Ce que l’on pense est ce que l’on croit. Elle est l’auteur de tous les doutes. Christ questionne cet état et donne une démonstration de puissance avec Dieu pour que par elle, on apprend une fois pour toute, en toute occasion et en toute circonstance à nous en servir des arrhes de l’Esprit qui sont les seuls instruments qui assurent la victoire sur n’importe quelle situation difficile ou même impossible.

Richard, étudiant en troisième année de génie civil n’a pas caché son comportement en disant, qu’il pensait que le meilleur moyen de réussir en salle de classe était de copier sur les autres. Après avoir entendu un message sur l’enseignement du Christ, il s’est vite repenti pour se laisser diriger par l’Esprit de Dieu en toute confiance. Il ne copiait plus et lui était impossible de retourner en arrière. Il est devenu studieux au point de reconnaître qu’il était une nouvelle personne. Il a continué le reste de ses études sans devoir une matière. A Montréal où il vit actuellement avec sa famille depuis sept ans, il occupe un poste important sur la supervision routière.

Jacqueline raconte, qu’elle était paresseuse et qu’en salle de classe, elle demandait à son copain qui était son condisciple de banc, de faire ses devoirs pour elle. Même chez elle, elle ne faisait qu’écouter la radio et se nourrissait des « zen » de Facebook. Sa grande tante qui passait chaque lundi chez elle visiter la famille lui disa un jour, viens au temple ce dimanche, il y a une activité que les jeunes de ton âge organisent, je serais contente que tu sois présente. Elle répondit affirmativement comme pour plaire à la tante mais au fond, elle n’était pas sincère raconte-t-elle. Comme elle avait un autre plan de sortir avec son ami qui avait une voiture, ce jour-là elle oublia sa promesse et prit le large. En cours de route, la voiture prit une panne de pneus, se retrouvant étrangement devant le temple où la tante allait de justesse rentrer. L’ayant vue et épris de joie, pensant qu’elle avait répondu à son invitation, elle ouvrit par courtoisie bien vite la porte de la voiture accueillir les deux. Ne sachant quoi répondre devant cette situation étrange, Jacqueline prétendait elle aussi qu’elle venait au temple avec son ami. A l’intérieur, pendant qu’une jeune de son âge chantait « Quel ami fidèle et tendre » elle raconte tout son corps se mettait à trembler, qu’elle ne se possédait plus. Son ami qui essayait de l’aider se retrouvait dans la même situation et parlèrent en d’autres langues. Toute la salle était dans le même état et il y avait d’autres qui sont tombés sur le sol sans que personne ne les touche. Ils venaient de recevoir le Saint-Esprit. Depuis lors, sa vie avait totalement changé. Devenue lauréate de sa classe où elle devait encore passer deux autres années et demi, elle bénéficia d’une bourse d’études de la Full Bright après ses études où elle détient une maitrise en Finances Publiques. Aujourd’hui, membre de Mormon Tabernacle Choir, elle occupe le poste de gestionnaire où elle avait initialement débuté et achevé ses études de licence à l’Université GOC.

La foi est un acte de résistance et une arme offensive à la conquête du savoir. « Quand Jésus dort au milieu de la tempête, il nous enseigne la foi ».[iv]L’exerçant, elle ouvre toutes les portes de l’infini dans la connaissance parfaite de Dieu. Vivre par la foi, c’est promouvoir cette relation inconditionnelle avec Dieu qui arme et qui exécute parfaitement ses actes au besoin. Surpassée par la relation, il ne sera plus question à ce stade de recourir à l’acte de la foi mais plutôt à celle du verbe comme le Christ le fut dans sa relation avec son Père.

Le manque de confiance en soi est l’absence de Dieu. Ceux qui ne sont pas en confiance, exercent faussement ceux qu’ils disent puisque la fin justifie les moyens. Au milieu des épreuves, Jésus a agi avec l’Esprit du Père pour calmer la tempête et apaiser la mer. Les études à l’Université sont une opportunité de mettre en application son savoir et ses talents de chercheurs pour construire de nouvelles inspirations de connaissances au service de la société. Elles s’accompagnent d’épreuves qu’il faut à chaque fois surmonter pour réussir, sachant que l’échelle de la foi existe si on croit en sa destination vers Dieu.

il y a deux options pour comprendre l’enseignement en parabole du Christ : l’une est la foi qui est le véhicule qui conduit vers Dieu ; et l’autre, la relation qui conditionne la vie à celle du Christ avec tous les pouvoirs de transformation et de bien être venant de la Source. S’agira-t-il de comprendre les deux ? Seul l’Esprit-Saint peut intervenir dans la vie de tout croyant pour lui permettre d’exercer un apostolat d’amour et au-delà.

Si la foi se construit par ce qu’on entend et ce que l’on voit, elle se développe par ce qui fait l’objet de la compréhension. Deux personnes qui s’entretiennent, se mettent d’accord au moment où ils acceptent ce que l’un dit l’autre et vice versa. Le principe de l’agrément est le principe moteur qui conduit à l’application de l’action. Ainsi, la foi ne peut pas être un principe de vie, mais un instrument d’attention conduisant à la compréhension. Elle prend fin dans l’acceptation du Christ au moment de la rencontre avec Dieu. Christ ne vivait pas par la foi, mais plutôt en relation. C’est cette attribution qui devait jouer dans la vie des croyants pour montrer différemment leur style de vie à la manière du Christ tout en étant soi-même portant le témoignage de la grâce et du salut. Les deux de concordent à une justification de puissance.

Chers finissants,

Vous venez d’accomplir un cheminement plein de connaissances et d’épreuves. Je vous exhorte à vous armer de l’enseignement du Christ pour discerner vos faiblesses et vous parfaire dans la connaissance de Dieu, la science des êtres humains dans la discipline de votre choix. Les gens seront stupéfaits de votre savoir et de votre foi en recevant l’enseignement du Christ. Ce n’était pas sans raison que Christ donnait des explications aux disciples qui se sont consacrés à la cause de Dieu. Il les armait de ressources intellectuelles, d’argumentations pour être confiants en plus de leur donner le Saint-Esprit [13 : 11]. Plusieurs témoignages nous ont été rapportés du manque de confiance en soi jusqu’à parvenir au terme de ses études. L’histoire de Jeannette particulièrement qui venait de terminer ses études dans une autre université raconte : « Je suis une personne peu sûre de moi, j’ai été traumatisée par plusieurs profs. Les examens, c’est une période de grand stress, où même si tu essayes de te changer les idées, ça ne marche pas. Tu te dis que tu ne vas pas y arriver. Tu te focalises sur quelque chose, tu te dis que ça va forcément tomber, que tu ne le connais pas assez bien, tu paniques, vraiment. Tu perds toute logique, c’est comme si tes quatre années de licence et ton futur étaient concentré sur une putain de déclinaison d’ancien français. »[v]

Aujourd’hui, comme le Christ, nous vous armons de nos ressources spirituelles, virtuelles et intellectuelles pour vous encourager à construire votre nouveau départ et surmonter avec confiance tous les obstacles dans cette relation nouvelle avec le Saint-Esprit.

Il est grand temps d’embrasser l’enseignement pour qu’il devienne le produit de vos prouesses. Le temps fera le reste seulement s’il est consacré à la formation, à la méditation, à la dévotion et à la persévérance. Que Dieuv vous guide !

Notes et références 

[i]Nault, François. Peut-on témoigner tout en dormant? Volume 71, Numéro 1 Février, 2017. Pp. 41-55.
Tirée de : X. Léon-Dufour, « La tempête apaisée », Nouvelle Revue Théologique, 87, 9 (1965), p. 906.
[ii]https://www.eglise-protestante-unie.fr/fiche/marc-4-35-41-la-tempete-apaisee-7651. (Page consultée le 18 Juin 2018).
[iii]Devant l’ampleur des données disponibles sur Internet, les étudiants ont pris l’habitude de “copier-coller” d’une main de maître. Thèses, mémoires, rapports… nombre de documents sont concernés par ce pillage du droit d’auteur.
https://www.lemonde.fr/societe/article/2010/05/21/plagiat-la-copie-pointee-a-l-universite_1353840_3224.html. (Page consultée le 19 juin 2018).
[iv]Nault, François. op.cit.,pp. 41-55, cité par G. BACHELARD. « La poétique de la rêverie » Paris, PUF, 1965.
[v]http://www.madmoizelle.com/pourquoi-triche-examens-376685(Page consultée le 29 Juin 2018).