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Des deux côtés, le Saint-Esprit souligne à la fois le problème et la solution.

Je suis le vrai cep.

4ème Dimanche après Pâque

Jean 15 : 1-8

1 » C’est moi qui suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron.

2 Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il l’enlève ; et tout sarment qui porte du fruit, il le taille afin qu’il porte encore plus de fruit.

3 Déjà vous êtes purs à cause de la parole que je vous ai annoncée.

4 Demeurez en moiet je demeurerai en vous. Le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même, sans rester attaché au cep ; il en va de même pour vous si vous ne demeurez pas en moi.

5 Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire.

6 Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu et ils brûlent.

7 Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurenten vous, vous demanderezce que vous voudrez et cela vous sera accordé.

8 Ce qui manifeste la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit. Vous serez alors vraiment mes disciples.

Jésus demande aux disciples de croire sur tout ce qu’il leur dit.

Annonçant l’arrivée du prince de ce monde, il témoigne qu’il a agi selon la volonté de Dieu, puis les invita à laisser le lieu où ils étaient [14 : 29-31].

Motivant les disciples à exercer l’amour en gardant ses commandements comme il l’a été avec son Père, il les encourage à rester unis pour vivre dans la paix [15 : 9-11].

Jésus affirme qu’il est l’instrument de Dieu venu pour enseigner la parole et porter beaucoup de fruits μείνατε ἐν ἐμοί [15 : 1-2]. Il témoigne de croire en son enseignement et de s’attacher à sa parole qui purifie, afin d’éviter la condamnation [vv. 3-6]. En suivant ses instructions poursuit-il, tout leur sera donné par surcroit ὃ ἐὰν θέλητε αἰτήσασθε, καὶ γενήσεται ὑμῖν pour avoir glorifié Dieu et démontré qu’ils sont véritablement ses disciples [vv. 7-8].

Ce n’est pas une demande que fait Jésus mais une exhortation d’amour tissée du lien de son rapport avec son Père. Ce n’est pas la religion qu’il demande de créer, mais plutôt de vivre en harmonie avec ses semblables en demeurant dans ses paroles Ἐγώ εἰμι ἡ ἄμπελος [15:4]. Ce n’est certainement pas du fanatisme qu’il prône, mais plutôt l’exercice de la piété dans son enseignement et dans l’exercice du ministère qui devient l’apostolat de chacun pour être aimé du Père.

Au nombre de toutes ces vertus, s’ajoute la grâce de produire en abondance φέρει καρπὸν πολύν qui est l’œuvre de Dieu comme elle l’a été avec le Christ. Elles embrassent à la fois les vertus cardinales qui perfectionnent la nature humaine dans l’exercice de la justice, la tempérance ; et théologales, dans la pratique de la compréhension de la foi et de la charité.

Puisque les vertus prônées par Christ sont celles qui rendent pures, instruisent, engagent et transforment par le fruit de la parole, elles sont conditionnées en croyant et en demeurant dans ses paroles. Deux mots qui forment la cohorte de la foi que Christ déclare être indispensables pour honorer Dieu et recevoir toute grâce parfaite [15 :7].

L’être humain croit en toutes choses qui lui plait, même ce qu’il ne comprend pas souventes fois par pur égocentrisme. La raison est qu’il cherche d’abord à assurer sa zone de confort ; puis à assouvir sa passion et son désir. Il n’y a peut-être rien à cela sauf le danger de le faire par ignorance ou en dehors du Christ voire en dehors de Dieu. Christ interpelle la conscience humaine pour lui rappeler qui est le cep et qu’elle est le sarment. Sans lui, elle ne peut rien ὅτι χωρὶς ἐμοῦ οὐ δύνασθε ποιεῖν οὐδέν [15 :5b]. Il n’y a ni détour, ni compromis, ni dialogue pour faciliter les échanges mais un acte de foi qui vienne mettre un terme aux tergiversations de la pensée, cédant la place à l’Esprit-Saint qui prenne le contrôle du moi pour le conduire désormais souder dans la voie du Christ [14 :26].

La grande question est comment rester souder à son enseignement ? L’information est la première étape du changement croit plusieurs. A ce stade, il n’est plus question de soi, de sa personne, mais de l’Esprit qui désormais devient le guide, la dimension verticale dans l’horizontalité de la matière. Le Livre de Jean est clair pour plusieurs raisons : (1) Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité [4 : 24] ; (2) C’est l’Esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien [6 : 63a, b]. Les Paroles que je vous ai dites sont esprit et vie [6 : 63c] ; (3) Mais le consolateur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera toute ce que je vous ai dit [14 :26]. Ces paroles rapprochent étrangement la ténacité du Christ que l’on demeure dans ses paroles qui ne sont que celles de l’Esprit. « L’accueil du Verbe de vie est la reconnaissance ‘d’une autre parole qui a déjà̀ parlé en nous. C’est la parole de la vie qui ne cesse de dire à chacun sa propre vie’.[i]« L’écoute de la parole de vie qui parle en toute parole, qui nomme la vie au plus secret, qui pointe vers tout ce que peut être l’humain : c’est dans cette écoute que se donne la vie en abondance. »[ii]

L’idée devient claire : demeurer dans la parole est la nouvelle direction à prendre pour éviter la condamnation [15 : 6a]. Si pour les églises orientales, « l’essentiel de l’œuvre de Jésus était de nous sauver de Dieu ou de Satan »[iii] ; pour les églises occidentales, « l’accent est mis sur le chemin qui permet, à l’image du Christ, de transformer le simple humain en être divin » Je suis le chemin déclare le Christ [14 : 6]. La transformation est aussi son œuvre par l’Esprit [14 : 16] dans son enseignement [3 : 15 ; 5 : 24, 39, 40 ; 6 : 63 ; 10 : 10-11, 15 ; 12 : 50 ; 14 : 6 ; 20 : 31].

Jésus déclare : « Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres » ἐγὼ φῶς εἰς τὸν κόσμον ἐλήλυθα, ἵνα πᾶς ὁ πιστεύων εἰς ἐμὲ ἐν τῇ σκοτίᾳ μὴ μείνῃ [12 :46]. « Celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va » [12 :35b]. « Demeurer en lui, c’est la dépendance, la proximité pratique et habituelle du cœur, et la confiance : en faisant cela, Christ en nous sera une source constante de force et de fruit : – il est en nous ».[iv]Son enseignement éclaire les lanternes de tous parce que les ténèbres et la lumière ne cohabitent pas. D’un côté, les ténèbres conduisent aux mauvaises actions parce que l’on ne voit pas, les idées sont trompeuses, l’absence de qualité conduit vers le mal et la souffrance ; de l’autre, la lumière conduit véritablement vers Dieu parce qu’Il est lumière, il est aussi amour donnant naissance à une conduite de vie intègre dans un monde perverti. Des deux côtés, le Saint-Esprit souligne à la fois le problème et la solution.

Si l’être humain choisit d’être l’esclave de ses passions, il vit évidemment loin de Dieu. Le Livre de Jean montre l’intervention du Christ qui apporte la bonne nouvelle pour sortir des ténèbres et vivre une relation renouée avec Dieu en portant par le témoignage de la foi beaucoup de fruits. « Nous ne pouvons pas prétendre être chrétiens, si notre attitude ne reflète pas les qualités de notre Père céleste. »[v] C’est par le changement d’attitude que notre apostolat débute et cela ne vient pas de la volonté propre, mais de l’action de l’Esprit en nous. Le fruit dont Christ parle nous ramène à croire en notre justification dans l’amour, la joie, la paix, la patience, la fidélité etc. dans l’unique sol capable de produire la transformation : la Parole immanente venant de notre conscience qui est celle de Dieu.

Dans une salle de classe où plusieurs élèves étaient assis à suivre le cours du professeur, ce dernier raconte qu’il pouvait distinguer visiblement ceux qui l’écoutaient de ceux qui ne le suivaient pas. Ceux qui l’écoutaient avec attention prenaient notes et posaient des questions ; tandis que ceux qui étaient indifférents paraissaient éloignés, roupillaient par moment et s’attendaient que le cours termine très vite pour reprendre le chemin de la rue.

Notes et références

[i]Henry, Michel. Paroles du Christ, p. 147. Tiré de : Anne Fortin. Parler de Dieu et du Christ, un défi ecclésial pour la dogmatique. Volume 60, Numéro 1. Février 2004. P. 68.

[ii]https://www.erudit.org/fr/revues/ltp/2004-v60-n1-ltp827/009474ar.pdf

26 Avril 2018.

[iii]http://plusconscient.net/leglise-a-t-elle-occulte-le-veritable-enseignement-du-christ-

26 Avril 2018.

[iv]Darby, John Nelson. La Parole. P. 356

[v]http://www.gbm.org.uk/radio/booklets/La%20lumière%20et%20les%20ténèbres.pdf

26 Avril 2018.