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Le chemin du Christ n’est pas sans difficultés mais il faut savoir ce qu’on veut.

Il faut savoir ce qu’on veut

Marc 6 :30-34, 53-56

30 Les apôtres se rassemblèrent autour de Jésus et lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné.

31 Jésus leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu. » En effet, il y avait beaucoup de monde qui allait et venait, et ils n’avaient même pas le temps de manger.

32 Ils partirent donc dans une barque pour aller à l’écart dans un endroit désert.

33 Beaucoup de gens les virent s’en aller et le reconnurent, et de toutes les villes on accourut à pied et on les devança à l’endroit où ils se rendaient.

34 Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule et fut rempli de compassion pour eux, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger, et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses.

53 Après avoir traversé le lac, ils arrivèrent dans la région de Génésareth et y abordèrent.

54 Dès qu’ils furent sortis de la barque, les gens reconnurent Jésus

55 et parcoururent tous les environs ; ils se mirent à apporter les malades sur des brancards là où ils apprenaient sa présence.

56 Partout où il arrivait, dans les villages, dans les villes ou dans les campagnes, on mettait les malades sur les places publiques et on le suppliait de leur permettre seulement de toucher le bord de son vêtement. Tous ceux qui le touchaient étaient guéris.

Après que Hérode Antipas fit chercher la tête décapitée de Jean-Baptiste, il l’a fait remettre à la file d’Hérodiade [Mc. 6 : 22] qui l’apporta à sa mère [v. 28]. Ce qui ne laissait pas indifférents les disciples de Jean qui vinrent par la suite chercher son corps pour l’enterrer [vv. 27-29].

Comme par curiosité, les pharisiens et quelques spécialistes de la loi se rassemblèrent à coté de Jésus critiquant ses disciples de prendre leur repas sans se laver les mains [7 : 1-2].

Les disciples, de leur coté, racontèrent à Jésus ce qu’ils avaient accompli dans leur mission [v. 30]. Leur invitant à se mettre à l’écart dans un endroit désert à cause du va et vient de la foule [vv. 31-32], cette dernière les suivit au point de les devancer [v. 33]. Emu de compassion, Jésus se mit à nouveau à les enseigner [v. 34].

Du coté de Génésareth, les gens reconnurent Jésus et lui apportèrent des malades venant de partout ailleurs sur des brancards sollicitant le rétablissement. Tous furent guéris sans manquer un seul [vv. 53-56].

Pas mal d’évènements se sont déroulés dans ce chapitre du livre de Marc pour montrer combien Jésus, ainsi que les disciples, étaient très pris dans leur travail missionnaire avec beaucoup d’émotion, de passion et d’attention. C’était leur préoccupation principale en dehors de toute obligation qui pourrait les contraindre à agir autrement. C’était aussi leur priorité, d’enrichir les êtres humains de connaissance pour recevoir d’un coté le message de la bonne nouvelle ; et de l’autre, la promesse du royaume de Dieu. Les signes ne manquaient pas à se manifester visiblement par les guérisons et les miracles[i]de toutes sortes qui se faisaient devant la foule qui grandissait en grand nombre et qui le suivait partout où il passait même au delà des attentes.

Le contraste est vraisemblable dans certains pays où le message du royaume est aussi prêché avec des bémols qui rendent perplexes de nos jours les croyants. L’absence d’amour et la recherche du bien être semblent être la préoccupation des uns et des autres même quand l’impossible devienne possible devant un Dieu à la fois compréhensible et inaccessible. Si les églises pullulent avec des observations différentes de celles qu’on aurait pu s’attendre, elles véhiculent un message de foi qui font questionner les plus avisés avec un mutisme provoquant la recherche et la compréhension de cette foi devant l’inoculation d’un enseignement devenu culturel auquel on ne peut qu’apprécier sans interprétation. La différence est que l’ère du Christ semble témoigner une toute autre, comparée à celle que nous vivons aujourd’hui. Les miracles deviennent utopiques et la richesse du désir de s’attacher à un Dieu de miséricorde quasi inexistant. Tout semble converger vers le primum vivereavec des leçons retenues tout à fait sans effet, à l’antipode de la foi,[ii]se pratiquant de la bouche et non du cœur. Rien n’est plus étrange à ce carrefour, car les conditions de vie, si l’on se réfère à l’Ecclésiaste, réapparaissent de la même façon pour offrir le même spectacle d’un perpétuel recommencement.

Le message que nous présente Marc devrait nous rapprocher du Christ et contribuer à l’exercice de notre apostolat. Si les disciples racontèrent à Jésus ce qu’ils avaient fait durant leur tournée missionnaire notamment en ce qui a trait à l’enseignement qu’ils inculquaient aux gens qu’ils rencontraient, ils étaient porteurs de leurs témoignages et de leurs expériences. Ces deux mots rapprochent tout croyant exerçant leurs croyances à présenter le profil de leur appartenance puisée de leur inspiration chrétienne.

Jean Thomas, n’a pas caché son témoignage pour l’affirmer auprès de ses collègues et amis que sa vie a totalement basculé quand il a reçu Christ. Il se dit totalement renouvelé au point de se consacrer d’une manière plus méthodique dans l’exercice de ses fonctions. Désordonné qu’il était, mettant ses chaussures, vêtements et tout ce qu’il possédait de part et d’autre de la maison, il a vite vu qu’il était cette nouvelle personne organisée, pouvant tout faire à la perfection. Etonné de ses performances et la rapidité à laquelle il surpassait ses collègues de travail, il s’est donné le temps de préparer un échéancier de travail hebdomadaire sur toutes les activités qu’il devrait entreprendre pour subvenir à ses besoins quotidiens et travailler dans la fourchette de son apostolat, pratiquer l’enseignement du Christ à la manière des disciples. Promouvant la bonne nouvelle partout où il passe avec méthode, il est devenu l’animateur par excellence équipant des jeunes et moins jeunes à comprendre l’enseignement du Christ pour qu’ils imitent ce que faisait les disciples et vivre pleinement la nouvelle vie de grâce et d’espérance dans la paix et la joie.

 Jean Thomas vit l’expérience de sa foi et porte fort et haut ses témoignages pour rester dans le cheminement du Christ.

Le chemin du Christ n’est pas sans difficultés mais il faut savoir ce qu’on veut. Si c’est par intérêt, les conséquences seront appauvrissantes. Si c’est par amour, la parole reçue transforme et l’on devient ferme et consistant. Christ l’a affirmé quand il dit « Mais ils n’ont pas de racine en eux-mêmes, ils manquent de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, ils y trouvent une occasion de chute » [4 : 17]. Que ce soit les difficultés ou les épreuves, quand le regard est fixé sur l’enseignement et les promesses du Christ, le miracle devient possible. « S’écartant des déviances apparues en certains milieux populaires, Jésus, dans ses exorcismes et ses miracles, refuse tout détournement du miracle à son profit : lui aussi se réfère très clairement à Dieu, lui aussi cherche le bien de son partenaire et non pas le sien propre. »[iii]Ce n’était pas sans raison que les gens accouraient de toutes parts recherchant les miracles de la transformation et de la guérison. Ainsi Dieu continue de se manifester à travers nous, consolidant ses acquis, permettant de découvrir que le Royaume encore présent, se manifestant dans le rayonnement du Christ à travers nos témoignages et nos expériences. « Celui qui accomplit les miracles n’apporte pas seulement des guérisons ou des délivrances temporaires, il apporte la vie : la vie qui ne pourra plus mourir, la vie qui ne mourra pas, la vie éternelle, la vie de Dieu même. Il faut naturellement tenir compte de cette donnée essentielle quand il s’agit de comprendre les miracles accomplis par Jésus durant le temps de sa mission temporelle, de sa vie publique. »[iv]

Notes et références 

[i]La merveille et le miracle, ce n'est pas qu'il fasse des œuvres miraculeuses et qu'il dise des paroles merveilleuses. C'est qu'il soit là avec nous et, étant là avec nous, qu'il soit Dieu-avec-nous.
Tiré de : Joseph Doré. La signification des miracles de Jésus.In: Revue des Sciences Religieuses, tome 74, fascicule 3, 2000. pp. 275- 291.
[ii]Mais reconnaitre que le corps souffrant obéit parfois à l'imagination ou aux «pouvoirs mystérieux de la foi» ne nous dispense pas de chercher à penser comment opèrent l'imagination et la foi.
Tiré de : Delooz Pierre. Questions aux théologiens après une enquête sur des miracles.In: Revue théologique de Louvain, 29e année, fasc. 2, 1998. pp. 161-179.
[iii]Ibid., p. 284
[iv]Joseph Dore. op. cit.,p. 285