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La différence est l’action du cœur qui doit prioriser Dieu en tout pour éviter de donner la victoire à l’adversaire.

Désolé, vous êtes dans la servitude!

Premier Dimanche des Carêmes
Deutéronome 26:1-11
Psaumes 91:1-2, 9-16
Romains 10:8b-13

Luc 4 : 1-13

1 Jésus, rempli du Saint Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l’Esprit dans le désert, 2 où il fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, après qu’ils furent écoulés, il eut faim. 3 Le diable lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre qu’elle devienne du pain. 4 Jésus lui répondit : Il est écrit : L’Homme ne vivra pas de pain seulement. 5 Le diable, l’ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre, 6 et lui dit : Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes ; car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux. 7 Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi. 8 Jésus lui répondit : Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. 9 Le diable le conduisit encore à Jérusalem, le plaça sur le haut du temple, et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas ; car il est écrit : 10 Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, Afin qu’ils te gardent ; 11 et : Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre. 12 Jésus lui répondit : Il es dit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. 13 Après l’avoir tenté de toutes ces manières, le diable s’éloigna de lui jusqu’à un moment favorable.

Contexte

Pendant que tous ceux qui écoutaient Jean Baptiste, se faisaient baptiser, Jésus en fit autant et le ciel s’ouvrit à la venue du Saint-Esprit qui descendit sur lui sous la forme d’une colombe disant qu’il était son fils en qui il plaçait toute son affection [Luc 3 : 21-22].

Jésus retourna en Galilée pour enseigner dans les synagogues où il devenait de plus en plus célèbre [4 : 14-15].

C’est au Jourdain qu’il fut conduit par l’Esprit, dans le désert, pour être tenté par le diable pendant qu’il jeûnait quarante jours et qu’il avait faim [4 : 1-2]. Ce dernier s’approcha de Jésus pour l’offrir toutes les richesses de la terre qui lui avaient été données moyennant qu’il s’humilie devant sa présence. D’un ton ferme, Jésus lui répondit qu’il adore et sert seulement Dieu [vv. 3-7]. Insistant plus loin et le conduisant à Jérusalem, le diable le plaça sur un piédestal pour qu’il démontre sa puissance, mais Christ répondit de ne pas tenter le Seigneur, son Dieu. Puis le diable partit [vv. 78-13].

La fidélité du Christ

Le livre de Luc met en évidence l’épreuve de l’attachement du Christ dans son désir de marcher avec Dieu après son baptême [3 : 21]. Ce n’est pas sans raison qu’il reçut l’approbation du Père qui mit en lui sa confiance [v. 22]. Ayant été séduit comme tous d’ailleurs à un moment de la vie, Christ choisit la bonne part : la fidélité. « De là, en le conduisant au désert, lieu de solitude, l’Esprit le conduit à vrai dire dans l’épaisseur quotidienne de son histoire, qui est aussi celle de l’histoire de son Peuple, celle de l’histoire de tout homme ».[1]D’un côté, il accepta le combat avec toutes les difficultés que cela pourrait comporter ; et de l’autre, affronta le diable avec intelligence et fermeté.[2]« Jésus a, comme nous, entendu au jour du baptême la révélation de sa dignité et de sa vocation de fils de Dieu, mais il va nous en apprendre le véritable sens et la véritable valeur. Il nous dit c’est de se comporter en fils de Dieu ».[3]Sachant que le combat n’était pas le sien, il s’y adonna au jeûne de quarante jours pour que dans sa faiblesse physique, son corps devienne l’instrument de l’Esprit[4]qui mènera le combat contre l’adversaire. Les échanges de mots prouvèrent la finesse du combat, et du tac au tac les deux adversaires se sont montrés à la dimension et à la hauteur du combat. Ayant été testé jusqu’à la dernière minute, l’Esprit intima l’ordre au diable de ne pas tenter Dieu. Luc montre clairement que ce n’était pas le combat du Christ mais plutôt de Dieu contre le diable.

Si tel est le cas, il y a lieu de d’espérer et comme on le dit, le même Dieu d’hier est celui d’aujourd’hui. Et dans tout combat, si on lui cède la place, il le fera à notre place et assurera notre victoire en toute occasion et en toute circonstance. La victoire du Christ est celle de l’humanité sur le choix qu’elle décidera de faire pour conduire son destin ; soit celui de Dieu dans la fidélité pour construire son avenir et avoir la vie éternelle [18 : 29-30] ; soit celui du diable, pour n’avoir pas entendu, qui lui donnera tous les pouvoirs éphémères avec pour conséquence la servitude, la division, la haine, la duplicité, le mensonge, le vol, la destruction et la perte de son âme [8 : 12].

L’acharnement sans réserve au succès

Dans toutes les cultures, la plupart des gens feraient tout pour avoir le pouvoir ou la richesse sans oublier les deux. D’ailleurs, n’est-ce pas l’idéal de tous, d’avoir de tout sans manquer de rien avec beaucoup ou peu d’efforts ? Sauf ceux qui reçoivent le message du Christ le comprennent autrement parce que les conditions sont toutes autres. « Mais Jésus accomplit son identité de Fils de Dieu en se nourrissant de la Parole de son Père, en ne mettant pas à l’épreuve celui en qui il a confiance, et en adorant son Père et Lui seul. Par son attitude, Jésus a accompli les Ecritures, et ainsi il a réalisé sa vocation et il est conforté son identité».[5]Le choix conditionnel est à la fois tentant des deux côtés, sauf l’un plus attrayant que l’autre que Christ a refusé et a préféré prendre la position pour Dieu dans la fidélité. Il ajouta aussi : « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon » [16 : 13].

(Le livre de Deutéronome raconte combien le peuple d’Israël au lieu de se laisser mener par les forces du mal qui lui rendaient esclaves, cria vers Dieu qui les répondit et les libéra de la servitude. [Dét. 26 : 1-11]. Ils préférèrent se reposer à l’ombre de la puissance de Dieu plutôt que de se laisser mener dans les miroirs du désespoir [Ps. 91 : 1-2], que Paul décrit dans le livre aux Romains marcher selon l’Esprit au lieu de vivre selon la chair [Rom. 8 : 12-13]).

Le choix de la servitude

La majorité des êtres humains sont encore dans la servitude et vivent selon la chair parce que leur priorité c’est leurs œuvres. Ils passent beaucoup plus de temps à leur travail qu’à toute autre chose. Et ce qu’ils ignorent peut-être, est que cette priorité prouve où s’attache le cœur. Car on ne rêve que pour faire davantage, avoir plus d’argent, plus de succès, plus de pouvoir, oubliant Dieu ou qu’il devienne une pensée, un passe-temps ; disons mieux secondaire. C’est le cas d’un choix qui est à l’antipode de la voie du Christ. Il n’y a rien si on travaille et au fait on doit travailler. La différence est l’action du cœur qui doit prioriser Dieu en tout pour éviter de donner la victoire à l’adversaire. « Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » [12 : 34]. Et du reste, même si on a toutes ses richesses, le cœur reste endolori. C’est avec raison que Christ est venu pour tous car ni la richesse ni la pauvreté n’ont leur salut sans le Christ. « Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé » [4 : 18b]. « Si tu crois de tout ton coeur, cela est possible » disait Philippe à l’Eunuque [Ac. 8 : 37b].

Désolé, vous êtes dans la servitude sans le savoir et le reste n’est que illusion dans le futur, à l’opposé de S. Freud ; à moins que vous disiez comme réponse de l’Eunuque à Philippe : « Je crois que Jésus Christ est le Fils de Dieu » [v. 37c].

Notes et références

[1]http://jardinierdedieu.fr/article-lc4-1-13-les-tentations-de-jesus-45305262.html9 Mars. 2019.
[2]Mais, comme l’auteur de la Parabole du Grand Inquisiteur et le Christ des évangiles qui, lui, donne ses raisons, celui qui les partage n’en sait pas moins où mènent ces tentations abandonnées à elles-mêmes. D’ailleurs, le Christ de Dostoïevski n’a pas à répondre au Grand Inquisiteur, dans les évangiles il a déjà répondu au tentateur en citant l’Ecriture. Et Satan pour le pousser à démontrer sa divinité l’ayant citée à son tour, Jésus invoque encore l’Ecriture.Charbonneau Bernard. Un Satan chrétien: la parabole du Grand Inquisiteur de Dostoïevski. In: Autres Temps. Cahiers d’éthique sociale et politique. N°44, 1994. p. 55.
[3]https://www.carmel.asso.fr/1er-Dimanche-de-Careme-Luc-4-1-13.html
[4]Luc est aussi le seul évangeliste à mentionner expressément l’onction du Christ (Luc. 4, 18 ; Act. 4, 27 ; 10, 38), qu’il assigne à son baptême (Luc 3, 21-22). Les exégètes ont discuté de la nature de cette onction : Prophétique, pour les uns (31), messianique et royale pour les autres (32), ajuste titre, semble-t-il (33).Munier Charles. Rites d’onction, baptême chrétien et baptême de Jésus. In: Revue des Sciences Religieuses, tome 64, fascicule 3-4, 1990. pp. 223-224;[5]Ibid. carmel.asso …