La foi ne se discute pas, elle prend position et s’affirme.

AVOIR LA VIE EN SON NOM

John 6:51-58

51 Je suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement, et le pain que je donnerai, c’est mon corps, [que je donnerai] pour la vie du monde. » 52 Là-dessus, les Juifs se mirent à discuter vivement entre eux, disant : « Comment peut-il nous donner son corps à manger ? » 53 Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas le corps du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes. 54 Celui qui mange mon corps et qui boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai le dernier jour. 55 En effet, mon corps est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment une boisson. 56 Celui qui mange mon corps et qui boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. 57 Tout comme le Père qui est vivant m’a envoyé et que je vis grâce au Père, ainsi celui qui me mange vivra grâce à moi. 58 Voilà comment est le pain descendu du ciel. Il n’est pas comme [la manne que vos] ancêtres ont mangée ; eux sont morts, mais celui qui mange de ce pain vivra éternellement. »

Christ confirme à ses disciples qu’il est le pain de vie. Celui qui croit en lui poursuit-il, aura la vie éternelle contrairement aux ancêtres qui ont mangé la manne dans le désert et qui sont morts [Jn. 6: 47-50].

Murmurant que ces paroles étaient dures à écouter, Jésus réprimanda les disciples [vv. 59-61].

Ces paroles le sont aujourd’hui pour les athéistes, les sceptiques et les moins avisés. Pourtant ce sont des paroles qui éveillent la foi et qui porte chacun à la réflexion pour parvenir au terme d’une décision. La décision est celle que Christ invite croyants et non croyants à prendre pour décider de la direction à suivre, soit vers la mort ou la vie éternelle. Christ est le seul à affirmer qu’il est le chemin [14 : 7b] et qu’il donne la vie éternelle [3 : 36 ; 5 :24 ; 6 : 47 ; 10 :28]  à ceux qui croient en son nom et qui embrassent la cause de la réconciliation avec Dieu pour prendre le cheminement conduisant au salut. « Nul ne vient au Père que par moi conclut-il ». Ce n’est pas une simple allégorie, mais une vérité musclée s’adressant à qui veut l’entendre.

L’enseignement [6: 45; 8: 28; 9: 34; 18: 20] qu’il donna à plusieurs reprises et les miracles [4: 48, 54; 6: 2, 14; 11: 47; 12: 18, 37] qui l’accompagnaient témoignaient de sa source [8: 28] et de sa particularité. Source venant du père et particularité venant de son argument qui attira la foule de son temps, et maintenant l’humanité pendant plusieurs générations jusqu’à la nôtre. Ces paroles, ne sont pas celles d’un fou, mais d’une essence effervescente pleine de luminosité et de vie sur laquelle on peut miser sur un cheminement clair, reposant et assurant : celui qui conduit vers Dieu.

Mettant en évidence sa présence, Christ affirme sa mission[1] dans l’amour du Père. Un amour tissé du lien perpétuel qui symbolise la vie dont le message unit les êtres entre eux pour devenir des enfants de Dieu [1 : 12]. La foi ne se discute pas, elle prend position et s’affirme : dans la croyance et non dans le murmure ; dans la conviction et non dans l’ignorance ; dans la compréhension et non dans le mépris ; dans la révélation et non dans les raisonnements. Elle est un outil indispensable où passe Dieu pour sensibiliser la conscience, siège l’Esprit-Saint.

Jeannette avait de nombreux problèmes pendant qu’elle vivait avec sa grand-mère qui l’élevait depuis l’âge de 7 ans après la mort de sa mère. A dix huit ans, elle se croyait tout permis et n’obéissait plus à sa grand-mère qui souhaitait la conduire dans un chemin qui lui permettrait de construire son avenir. Dans ses murmures adolescents, sa grand mère lui demanda un jour, ne penses-tu pas que toute ma fortune serait à toi si je devais partir à l’improviste un jour ? N’as tu pas réfléchi que je suis ton avenir pour assurer le reste de ton éducation afin de réussir dans la vie ? Sur ces mots, Jeannette pris conscience et les jours qui suivirent, elle se mettait plus attentive aux conseils de sa grand-mère et finit par la plaire tout le reste de ses jours. Aujourd’hui mère de trois enfants, Jeannette raconte encore son histoire d’une tendre grand-mère qui avait pris soin de l’élever avec tendresse et qui l’aimait d’un amour incomparable pour en jouir aujourd’hui des fruits de son obéissance.

De même que la grand-mère de Jeannette lui imposa une condition, Jésus en fit de même en déclarant aux disciples qu’ils seront des « zombis » [expression péjorative pour expliquer qu’ils n’auront pas la vie en eux ] [6 : 53b], avec pour conséquence l’absence de Dieu chez les incrédules. Et quand Dieu n’est pas présent, c’est la catastrophe, la séparation, la division, l’inculturation avec toutes ses composantes et ses conséquences paradoxales conduisant à la dégradation des sociétés, des dirigeants et des dirigés. La vie devient plus dure ou quasi impossible, les inégalités sociales indissociables, les bruits de bottes et de guerre prêts à assombrir le ciel de plus d’un dans le désarroi, la violence, le suicide, la drogue et tout le reste dont le monde vit actuellement les conséquences de l’apostasie.

Karin Heller [1999] écrit : « C’est le repas qui permet à l’homme de triompher d’un état de faiblesse physique, moral et psychologique. Il s’ensuit que tout repas constitue une victoire sur l’usure du temps, sur l’usure des forces corporelles, sur l’usure dans l’échange des paroles et de l’affection ». [2] Plus loin, Karin ajoute : « Le repas de l’homme est donc lié à ce sens de la vie qui va lui permettre de triompher de la lassitude, de l’usure, son avenir ».[3] Mais Jésus reprend et inocule son enseignement vers l’Esprit. Il déclare en ces termes, «Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est Esprit » [3 : 6] ; plus loin il ajoute : « C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie » [6 :63]. Même si Karin croit que « manger, c’est arracher un morceau de vie aux divinités qui ont jalousement gardé la vie entre leurs mains ; et qu’en Israël, manger en présence de Dieu est un acte différent de celui que nous rencontrons dans les cultures environnantes » ;  Que ce soit la manne que le peuple d’Israël mangea venant du ciel ou les mets succulents que nous dégustons, ils conduisent tous vers l’alimentation du « zombi », vers la mort. Jésus va plus loin pour ajouter, « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » [15 : 5b].

Jésus insiste pour dire qu’en mangeant son corps et en buvant son sang on demeure en lui [6 : 56]. Le repas dont Jésus parle est donc lié simultanément à l’écoute de la Parole de Dieu. La parole est donc ce repas qui rappelle l’expérience de l’Exode avec la création du jardin divin, l’arbre de vie, que l’être humain a échoué et Eden et au désert pour vivre vraiment avec Dieu. Ce même événement se répète et le reste est le résultat de la catastrophe que nous venons d’énumérer et qui nous questionne au plus haut niveau. Eviter d’être un avec le Christ c’est faire pacte avec le diable, puisque le Livre de Jean le relate ainsi : « Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et le père du mensonge » [8 : 44].

Etre « zombi » c’est pactiser avec le diable dont la duplicité et le langagier est un état d’âme.. Peut-être que vous faites l’expérience du mensonge et de la duplicité maintenant ou vous êtes du nombre de ces pactisants ? Vous vous direz peut-être que je ne suis pas un « zombi ». Personne ne veut l’être non plus, à moins d’examiner votre conscience pour vous demander si vous avez reçu l’enseignement du Christ dans votre vie pour participer dans ce repas universel qui réunit tous autour de la même table du salut sous la bannière du Saint-Esprit. Peut-être ce que vous lisez a peu d’importance et ne vous affecte nullement. Vous avez peut-être raison, mais la raison aura raison de vous quand elle vous apprendra à raisonner à l’imparfait « si je savais » au moment où vos yeux vont se fermer.

Richard De Conte a passé toute sa vie à se prétendre chrétien. Il ne se rendait pas à l’église et avait toujours sa bible en mains. L’ironie est qu’il ne lisait pas cette dernière,  mais la portait pour se faire croire du nombre des élus qui ira un jour au ciel en ayant la vie éternelle. Il s’est fait même passer ou appeler pasteur mais ne prêche jamais, voire porter un témoignage. Il passa toute sa vie ainsi n’ayant ni enfants, ni femme sauf un vieil oncle qui avait plus de cent ans et qui vivait encore dans une vieille bicoque de chaume érigée en sac de chaux, de miel, d’eau et de boue. Après la mort de son vieil oncle, Richard devint méconnaissable et ne souhaita plus continuer à vivre pour la grande affection qu’il avait pour lui.

La fièvre jaune faisait rage dans cette banlieue reculée du Nord, mais Richard ne restait presque pas à la maison durant la journée, circulait comme par habitude avec sa bible en mains sans en saisir le sens, la portée et surtout l’opportunité. Atteint de cette contagion et ne l’ayant pas remarqué depuis plusieurs jours sur le quartier, quelques témoins qui se sont rendus chez lui ont à leur retour, raconté qu’il était déjà mort dans la vieille bicoque avec sa bible en mains. L’ironie disait l’un de ses compagnons de route, il avait Christ tout proche de lui quotidiennement, mais a préféré le mépriser. Je me demande où est-il passé en ce moment répliqua d’un air silencieux et pensif cet ami qui l’appréciait beaucoup.

Il y a une excellente nouvelle qui surpasse la compréhension intellectuelle d’où qu’elle vienne. En théologie, la philosophie questionne l’acte de foi à la recherche et à la compréhension de Dieu?  En méthodologie, comment gérer sainement le travail que l’on fait ? En Christologie, comment croire un enseignement rébarbatif révolutionnaire qui galvanise la division ? Nous conclurons avec les modestes propos de « Moment Sacré », « Jésus utilise ce terme pour se décrire lui-même. Mais le pain « vivant » est un effort pour révéler plus profondément comment intimement il nous nourrit. Il nous propose une relation dans laquelle nous pouvons «nous abandonner » en toute sécurité. Nous avons besoin plus que jamais de cette relation qui donne la vie. »[4]

 

Notes et Références

[1]Jésus connaissait le but de sa mission : annoncer le Règne de Dieu et le rendre déjà présent dans sa personne, ses actes et ses paroles, afin que le monde soit réconcilié avec Dieu et renouvelé.

Tiré de : http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/cti_documents/rc_cti_1985_coscienza-gesu_fr.html

18 Août 2018.

[2]Heller, Karin. “Avoir la vie en son nom”: Commentaires sur l’Evangile de Jean. Editions du Cerf, 1999. P. 50.

[3]Ibid. p. 51.

[4]http://www.unmomentsacre.com/node/186035

18 Août 2018.

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